FAQ S'enregistrer
Rechercher Profil
Liste des Membres Se connecter pour vérifier ses messages privés
Groupes d'utilisateurs Connexion
www.taverneelfe.fr.fm
Le forum de la taverne du chant de l'elfe |||Defaced by infox, Firemyne Team|||
 

KazeDamashii, la jeunesse d'un elfe

 
       www.taverneelfe.fr.fm Index du Forum -> Récits et aventures
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Reg Mirkaos
L'elfe qui se confond avec le vent [Mod]
Inscrit le: 21 Nov 2003
Messages: 268
Localisation: Valbonne, Sophia-Antipolis, Cote d'Azur
Posté le: 09 Déc 2003 1:13    Sujet du message: KazeDamashii, la jeunesse d'un elfe

"La Terre est belle vue d'en haut. C'est aussi notre Terre. Je suis convaincue qu'un jour nous y retournerons tous. J'ai même le sentiment que ce jour est proche, tellement cette planète m'est devenue familère... Je l'aime. Mais je t'aime aussi mon amour. Toi et Sten vous me manquez beaucoup."

Eve Alfiran Mirkaos, journal de bord (extrait)


Chapitre 1: Regulus

En orbite autour de la Terre, Eve Mirkaos avait été envoyée depuis Titan pour la Mission Elfe d'Observation de la Terre et de l'Humanité (MEOTH). Cette mission avait lieu tous les 250 années terrestres. Elle consistait à faire un rapport sur les évolutions de la vie sur Terre à tous les niveaux, afin que les elfes puissent savoir le jour où les hommes seraient prêts à les accueillir à nouveau. Aucun domaine n'était épargné. Géologie, écologie, biologie, technologies humaines, sciences fondamentales, culture, politique, sciences sociales, religion, relations internationnales, économie, etc. La mission durait 2 ans. Eve avait été préparée longtemps à l'avance et était la plus qualifiée parmi les elfes pour la remplir.
Cependant Eve n'avait pas une personnalité des plus classiques. Certains disait même qu'elle était complètement folle. C'était compréhensible quand on savait qu'Eve était plutôt nymphomane et avait un appétit sexuel démesuré, qui heureusement était bien assouvi par son mari Gal, bien que Gal Mirkaos ait toujours eu l'air introverti, ne montrant jamais ses sentiments, les yeux constament cachés derrière ses lunettes noires.
Mais Eve était encore plus folle que ça. Elle avait commencé son voyage de 2 ans dans l'espace tout en sachant pertinemment qu'elle était enceinte. Gal l'avait laissée partir en s'assurant que toutes les dispositions avaient été prises pour qu'Eve revienne avec un bébé en bonne santé dans les bras. Bien qu'elle n'aie que 23 ans, c'était son deuxième enfant. Sur Titan où habitent les elfes, Gal s'occupait donc seul de leur fils, Sten, né 2 ans plus tôt.

Alors qu'arrivait le jour où elle devait accoucher, Eve avait déjà dressé nombre de constats alarmants sur l'état de la Terre. Déséquilibre des richesses, pollutions, tensions internationnales, économie menaçant de s'effrondrer sur elle même à force de concurrence, de spéculations, de prises de monopoles mondiaux continentaux ou nationaux... Et pour couronner le tout, voilà qu'une guerre mondiale était en train d'éclater. Rien ne pouvait stopper l'acharnement des hommes à se dresser contre eux-mêmes cette fois-ci: mobilisations générales, armées équipées de technologies de pointe, destruction des villes, bombardement des habitants, viols, massacres, pillages, desertions réprimées par la mort, et surtout la menace de plus en plus pressante de l'utilisation des armes nucléaires. Eve assistait à tout celà, en spectatrice impuissante. Son rapport alarmant avait décidé le Conseil des Sages sur Titan à envoyer une délégation sur Terre de 1000 personnes pour arrêter le massacre en ramenant une dimension pacifique et ouverte. Les moyens d'action étaient encore en discussion. Eve attendait devant ce triste spectacle, et essayait de se rassurer en se disant qu'elle serait heureuse de tenir son enfant dans les bras quand elle aurait accouché. C'était l'heure de sa communication journalière avec Titan. Jog, son robot assistant l'appela:

- Eve, la liaison est établie avec Titan.
- Merci Jog, je suis toujours prête pour ça!
Eve n'avait pas de mal à se déplacer en apesanteur malgré un ventre bien gonflé par son état de grossesse avancé. Elle avait gardé toute son agilité dans cet espace, libérée qu'elle était des contraintes de poids. Elle s'installa rapidement à son poste et passa son casque avec micro autour de ses longs cheveux blonds comme elle avait l'habitude de le faire. Le coordinateur Ekhan apparut sur l'écran.

- Bonjour Eve, comment-allez vous... et le bébé?
- Et bien... je vais plutôt bien. Mon accouchement ne devrait pas poser de problème. C'est mon deuxième enfant vous savez... zut, cette fichue visionne(*) est encore mal réglée. En tout cas ça plaisir de vous voir, ici c'est pas vraiment la joie!
- Je suis content de voir que malgré les évènements tragiques auxquels vous assistez, vous gardez le moral, Eve. Le Conseil des Sages et moi-même avons décidé d'écourter votre séjour dans l'espace. Vous allez revenir sur Titan dès que votre enfant sera né. La fenêtre de lancement favorable commence dans 2 jours et durera tout le mois. Tout le monde ici souhaite mon retour, et en particulier...
- ... mon chéri que vous allez me passer tout de suite coordinateur Ekhan.
- Avec plaisir Eve.

Gal apparut alors sur l'écran d'Eve. Gal avait du mal à parler avec ce moyen de communication, mais ça lui faisait toujours autant de bien de voir Eve à l'écran. Eve comme toujours pris la parole en premier
- Bonjour mon amour... alors tu es content que je revienne?
- Bien sûr. Je n'attend que ça, Sten m'a encore parlé aujourd'hui. Il a dit "maman revient"!
- Il est trop chou! Dis-lui bien que je vais bientôt revenir et que... Ah!
- Eve? Ca va?
- oui oui, juste une contraction très forte. Houla ça fait mal...
- Je m'inquiète beaucoup pour toi en ce moment...

Sur ces derniers mots de Gal, l'écran commença à se troubler, Jog annonça: "Nous allons essuyer une tempète Solaire. La communication devrais se couper d'ici quelques minutes"

- Mince, il ne manquait plus que ça! Gal je vais me reposer et si c'est possible recontactezz-moi une fois la tempète passée.
- Je te reppasse le coordinateur.

Jog dit alors au coordinateur: "coordinateur, la tempète durera environ 1h30."
- Entendu Jog. Eve reposez-vous bien. Je vous dit à tout à l'heure.
- Je... Je perds les eaux...
- quoi?
- Aaaaaaaaaaaaaah!!!!
Brrrrrrrrrrsssssssssssssssssssshhhhhhhhhhhhhh!!!!!!
l'image deveint toute blanche du coté de Titan. "Eve, Vous m'entendez?" dit le coordinateur. Jog répondit pour elle:
- Ici Jog, Eve est blessée, nous avons heurté un objet. Elle est inconsciente. psskkmmshsshhkk le travail, ssssssssssshhkkkppcupe d'elle tout de ssshhhhkkkppp kkksssshrrste en contact le ppshusshsppsssible.
- Est-ce que c'est grave? Jog? dans quel état est Eve?
- ssshnnnttkkkssskkkppptkltkkshhhhhhhhh!
- Jog, répondez!
- Ici Eve, je vais mal, j'ai mal...
- Eve, c'est Gal, dis-moi ce qu'il se passe je t'en prie!

Comme par enchantement l'image reveint d'un seul coup. Elle était très encombrée de parasites, mais on pouvait voir qu'Eve avait un débris enfoncé dans le coté droit, et semblait être au plus mal. La voix de Jog continuait derrière: "rétablissement de l'étanchéité, reprise de la trajectoire, soins intensifs commencés, anesthésie générale, pertes d'énergie importantes."
Eve avait les larmes aux yeux et n'eut le temps que de dire "Gal, pardonne-moi." Elle ferma les yeux, et aussitôt la liaison fut définitivement coupée.

Gal deveint fou. Il cria comme jamais personne ne l'avait entendu. Son cri raisonna dans toute la pièce, et ses doigts accrochés à l'écran ravagèrent tout le matériel de la console devant lui, dégageant une énergie phénoménale. Tout le monde vit alors à quel point Gal maitrisait bien le Yeelfer, cet art martial elfe réputé pour donner une force incroyable à celui qui l'exerce en controllant les énergies environnantes. Mais tout le monde vit aussi que malheusement toute cette force était inutile. Gal le premier. il se retira de la salle en marchant. Personne ne se mit sur son chemin, de peur de se faire tuer par cet homme qui ne montra aucune larme devant eux. Il en versa à l'abris des regards, pendant deux longues heures, avant qu'il ne se sente obligé d'arrêter pour retrouver son fils et le serrer dans ses bras, car il avait compris avant tout le monde qu'Eve était en train de mourir et que Sten était tout ce qui lui restait d'elle à présent.

La communication entre Titan et le vaisseau de la MEOTH ne fut jamais rétablie. L'antenne émitrice fut endomagée par les débrits spaciaux qui s'étaient abattus en très grand nombre sur le vaisseau. Une bombe H venait d'exploser sur la surface de la Terre, et avait provoqué la déroute d'une station spatiale qui avait explosé à proximité du vaisseau elfe. Eve Survecut à son opération et se réveilla avec son bébé posé sur son sein. Jog était en train de réparer les modules du vaisseau endommagés par la catastrophe. La tempète solaire était finie. Le bébé était calme, mais ses yeux étaient ouverts, et regardaient le visage de sa mère. Il y avait très peu de lumière. Du large hublot de la salle, on voyait une myriade d'étoiles, dont la constellation du lion. Eve les contempla un moment, et mourrut des suites de ses blessures avant que Jog ne puisse intervenir à nouveau. Ses dernier mots furent:

"Le lion... Regulus (**)... mon bébé... Tu t'appeleras... Reg... Ulus... Mirkaos..."


(*)visionne = caméra. Les mots récents qui sont d'ordre techniques sont souvent différents chez les elfes du fait de leur isolement qui engendre une certaine dérive de la langue. Un peu comme la séparation Français-Québecquois.
(**) Regulus est l'étoile principale de la constellation du lion.
_________________
Je suis toujours de passage, qui veut que je reste doit prendre mon coeur...
Revenir en haut
Reg Mirkaos
L'elfe qui se confond avec le vent [Mod]
Inscrit le: 21 Nov 2003
Messages: 268
Localisation: Valbonne, Sophia-Antipolis, Cote d'Azur
Posté le: 14 Déc 2003 19:23    Sujet du message: chapitre 2

"Qu'est-ce que je pouvais faire? L'empêcher de partir et lui briser ses rêves? La garder près de moi et ne pas l'exposer au danger? Lui dire d'avorter de cet enfant que nous avions voulu? Et qu'est-ce ça aurait changé? Eve a fait son choix. Parce que je l'ai aimée je l'ai laissée libre. Vous ne croyez pas que ça me fait mal au cœur? Il vous faut un responsable, et vous pensez que nos disputes sont une explication, que je l'ai envoyée loin de moi pour qu'elle expie sa faute? C'est faux! Arrêtez, je vous en prie, arrêtez. Je n'ai connu le bonheur qu'avec Eve, maintenant elle n'est plus là et je recommence à lutter pour que ma vie ne redevienne pas le cauchemard qu'elle était avant que je ne la rencontre. Que va devenir mon fils avec ça? [...]"

GalAdam Mirkaos, discours improvisé au centre de communications de la MEOTH, 25 septembre 20XX. *



chapitre 2: 2 ans et demi dans l'espace

"26 sept: je suis Jog, robot-assistant d'Eve Alfiran Mirkaos, décédé des suites de ses blessures au cours d'un accident grave à bord du vaisseau hier. Je reprends son journal de bord à présent, pour garder une trace à ceux qui nous retrouverons.
Voici l'état actuel de la situation du vaisseau:

- le commandant Eve Alfiran Mirkaos est décédée, son corps est conservé sous environnement stérile jusqu'à nouvelle décision.

- Les modules de renouvellement de l'oxygène et de nourriture sont réparés. Il avaient été endommagés lors de l'accident hier. Le module de communication est toujours hors service. (pour plus de renseignement sur l'accident, se reporter au rapport de la veille, publié en ce jour.)

- L'enfant d'Eve a survécu à l'accident. Il est né en bonne santé. C'est un garçon. Eve l'a appelé Regulus (ou Reg Ulus) juste avant de décéder.

- la trajectoire du vaisseau est mauvaise. La rectification rapide apportée hier n'est pas suffisante. Les propulseurs sont affectés par la perte de carburant. Cette perte est définitive, et ne pourra pas être compensée. (Voir le rapport sur l'accident)


Mes priorités sont à présent établies dans cet ordre:

- prendre soin du nouveau né RegUlus Mirkaos. Bien que peu qualifié pour effectuer cette tâche, j'effectue un maximum de recherches au niveau des ressources d'information terriennes pour l'assumer du mieux que je pourrais.
- réparer le matériel de communication à bord. Celui-ci a subit de nombreux dommages, agravés par le temps d'exposition au danger, les modules de recyclage de l'oxygène et d'entretien de la nourriture ayant été ma priorité au moment de l'accident.
- rectifier la trajectoire du vaisseau, après avoir établit un programme de gestion à moyen ou long terme du vaisseau, tenant compte de toutes les circonstances, avec pour objectif de protéger le bébé.
- prendre une décision sous 5 jours en ce qui concerne le corps d'Eve. Cette décision tiendra compte du résultat des actions menées d'ici le 1er octobre."

"27 septembre:
Regulus a bu le lait que j'ai prélevé sur sa mère. Il est maintenant confiné à l'espace centrifugé qui maintient une gravité artificielle. Il dort beaucoup. Le traitement de ses déjections marche comme prévu. J'ai établit un programme pour lui faire écouter la voix de sa mère à partir des enregistrements conservés à bord. Je garde cependant quelques réserves quant à l'utilisation du contenu sexuellement explicite.

Après examen de toutes les possibilités concernant le matériel de communication, je suis arrivé à la conclusion que je n'avais aucun moyen de le faire fonctionner à nouveau. Nous sommes privés de toute communication jusqu'à une éventuelle rencontre (que j'estime peu probable), ou notre arrivée sur Terre."

"28 septembre:
Regulus se porte bien. Il boit toujours le lait de sa mère que je conserve et fait réchauffer. La pénurie arrivera plus vite que prévu initialement. J'ai donc lancé le programme de synthèse de lait de manière artificielle. Ce nouveau lait imitera celui qu'Eve aurait pu produire. En effet j'ai pu mettre en culture des cellules prélevées sur le corps d'Eve de façon à reproduire les molécules manquantes à sa composition.

Etant donné le contexte actuel de la vie sur Terre, il me semble peu judicieux de faire débarquer Regulus avant la fin des affrontements sur Terre, dans le but d'assurer sa sécurité et sa survie. J'ai estimé que la guerre durerais encore 2 ans au maximum. J'espère aussi que le vaisseau pourra être récupéré par Titan d'ici 1 an. Le programme de rectification de trajectoire tablera donc sur 2 ans d'orbite avant passage dans l'atmosphère terrestre."

"29 septembre:
Regulus se porte toujours bien. Il a bu aujourd'hui le dernier biberon avec du lait naturel. J'espère que le dosage du lait artificiel correspondra suffisament pour qu'il le boive avec autant d'appétit demain.

La rectification de trajectoire a posé problème. Les propulseurs sont tombés hors service avant stabilisation complète. La trajectoire obtenue fait que notre voyage dans l'espace pourrait durer 3 ans. Au cas où celà arriverait, je ferais mon possible pour que Regulus apprenne à marcher avant sa déscente sur Terre."

[...]

"1er octobre:
Regulus va toujours bien. Il a moins bu de lait aujourd'hui mais semblait en forme. Je lui donne des caresses autant que je peux, même si je ne peux remplacer sa mère. J'ai appris que ce serait bon pour son développement psychologique.

Le corps d'Eve sera rejeté dans l'atmosphère terrestre sous housse dès qu'une acalmie des combats sera constatée. N'ayant pas d'incinérateur à bord et ne pouvant laisser le corps se décomposer dans le vaisseau pour des raisons sanitaires, c'est la décision qui m'a semblé la plus logique."

"2 octobre:
Regulus va toujous bien. Il boit moins de lait, mais semble toujours agité. Ses yeux regardent partout. Il dort toujours autant, ce qui est normal.

N'étant pas habilité ni même qualifié pour effectuer un office religieux en honneur d'Eve, j'ai juste prononcé la prière chretienne appelée "notre père", en accord avec les convictions religieuse d'Eve, avant de rejeter son corps à l'extérieur du vaisseau. Celui-ci se consumera entièrement en entrant dans l'atmosphère."

[...]

Le temps passa. Sans aucune possibilité de communication, le vaisseau de la MEOTH ne fut jamais retrouvé par les elfes. Pourtant, un peu moins d'un an après la naissance de Reg, les elfes arrivèrent sur Terre. Ils étaient 1000. Ils envoyèrent des émissaires dans tous les pays du monde. 500 d'entre eux restèrent à Genève pour préparer la paix mondiale avec des hommes et femmes de tous horizons, et établir un plan d'installation progressive. Les elfes se présentèrent plus comme de timides extraterrestres voulant trouver refuge sur une planète où ils voulaient que tout le monde vive ensemble dans la paix et l'harmonie. Il ne clamèrent pas fortement leur appartenance à la race humaine, par peur d'une certaine incompréhension. Les elfes restés à Genève n'étaient pas des diplomates, mais une population représentative de celle de Titan. Ils envoyèrent des messages simples et réconfortants à toute la Terre.

Les conflits déjà en perte de vitesse cessèrent naturellement. Les militaires démissionnèrent en masse. Les désertions se multiplièrent. Le mot "ennemi" avait perdu son sens, quelle que soit la langue qu'il l'emploie. Au cours des 10 années suivante, eut lieu la grande collecte d'armes. Les entreprises d'armement elles-mêmes s'arrêtèrent de produire et organisèrent les "chasses à l'arme". Sans qu'on ne sache dire ce qui avait vraiment changé, on constatait une prise de conscience générale de la nécessité de paix. Le premier recenssement d'après guerre montra qu'il ne restaient que 4 milliards de personnes sur Terre. La population la plus importante était celle de l'Afrique.

Malgré la construction d'une paix durable en marche, il y eut un attentat contre les 500 elfes à Genève. Celui-ci fut manqué, bien qu'on déplorat toute de même la disparition d'une personne sous les décombres de l'immeuble. Le lendemain, l'armistice générale était signée par tous les plus grands dirigeants. Il y eut ensuite une vague de suicide parmi eux. D'autres disparurent mystérieusement. Les derniers furent jugés et condamnés à vie à rester en exil en Suisse, dans une prison construite spécialement pour eux.

Les elfes décidèrent de s'installer en France, en Bretagne. Il construirent eux-mêmes un village qu'ils nommèrent Tilliec. 500 d'entre eux repartirent pour Titan. Le village préparait le déménagement général de la population de Titan. Les moyens étaient faibles car la concertation mondiale autour du problème de l'intégration des elfes était occultée par les préoccupations de reconstruction des pays touchés par la guerre, et en particulier les problèmes environnementaux posés par l'utilisation à maintes reprises des armes nucléaires. Quant à Reg, personne ne savait qu'il était vivant. Il allait débarquer 2 ans plus tard dans un monde globalement pacifique, en pleine reconstruction, mais où le souvenir de ces elfes qui avaient accéléré la paix était mal entretenu. Peu de gens savaient finalement qui étaient les elfes, et encore moins où était Tilliec. Finalement l'intégration des elfes n'en était qu'à son début, et les sages avait décidé qu'elle serait d'abord locale avant de s'élargir. Il n'y aurait pas non plus de nation elfe.

"31 mars (**):
Regulus semble stressé en ce moment. J'estime que cet état est normal, vu les circonstances. Il semble tout de même préparé du mieux qu'il soit à arriver sur Terre. Il connait les bases nécessaires à un apprentissage plus renforcé de l'anglais, du français, de l'espanol, de l'italien, de l'allemand, et de l'arabe. Il sait dire qui il est, demander de l'aide, et expliquer en quelques mots d'où il vient. Il a montré une très forte aptitude pour les langues. Le soucis principal sera surement d'apprendre à marcher dans la gravité terrestre. La centrifugeuse n'était pas suffisante pour qu'il ait développé assez de capacité. Néanmoins j'estime que son développement musculaire est suffisant. Il n'aura aucun mal à nager si jamais il en a besoin.

Nous allons entrer dans l'atmosphère terrestre dans quelques heures. D'après les derniers calculs, nous devrions attérir dans le Sud de l'Espagne. Le bouclier atmosphérique est parfaitement en place. La majeure partie du vaisseau sera perdue lors de l'attérissage. Je me charge de consigner toutes les informations utiles et utilisables de quelque manière que ce soit dans ma mémoire personnelle. Une fois sur Terre, mon rôle prendra fin rapidement faute d'alimentation en énergie. L'accès à ma mémoire, encodée suivant les standards terriens restera néanmoins accessible via un module de connectique universel que j'ai construit. J'en ai consigné le mode d'emploi traduit dans les 6 langues que j'ai tenté d'apprendre à Reg, eet qui correspondent à la zone géographique où nous allons attérir.

Ceci est la fin de ce journal de bord. Il devra être remis aux elfes qui en sont les légitimes propriétaires. Ainsi mon corps de robot devra leur être transmis. Si vous ne connaissez pas les elfes, demandez autour de vous. Si vous ne trouvez personne qui sache quoi que ce soit sur les elfes, cherchez un centre de communication qui soit capable d'émettre et de recevoir des messages jusqu'à Titan, satellite de Saturne. Ce dernier message est traduit en 6 langues différentes.

Jog, robot-assistant d'Eve Alfiran Mirkaos, puis de Regulus Mirkaos."


Le vaisseau atterrit dans un coin plutôt désert. Le premier village était à 5 kilomètres. Par chance, habitait là une vielle dame qui était veuve, et qui tous les jours cultivait son potager et entretenait un verger. Elle avait pour toute compagnie une chèvre qui lui donnait du lait. Elle avait pour moyen de locomotion une mobylette électrique à énergie solaire, quelle avait aménagée à 3 roues, et muni d'une petite remorque. On l'appelait "mama loco". Personne ne se souvenait de son vrai nom. Elle allait rarement au village. Elle vivait de peu et sa maison était très petite.

Elle était en train de traire sa chèvre quand elle aperçut le module de survie du vaisseau de la MEOTH attérir non loin du verger. Elle prit une fouche et partit vite à l'assaut de celui-ci, pensant d'abord à un engin militaire. Jog en sortit et évita le coup de fourche de justesse. Ces premiers mots furent en Espagnol: "Je viens en paix. Vous pouvez me démonter si vous voulez, mais il y a un enfant en bas age dans ce vaisseau, et j'ai besoin de votre aide pour m'en occuper."
La mama loco entendit alors les pleurs de Reg qui était paniqué parce qu'il avait du mal à bouger. La mama lacha sa fourche pour aller chercher Reg à l'intérieur. Ils allèrent ensuite tous dans la petite maison et discutèrent ensemble de leur histoire. Reg prononça juste son nom. La mama l'installa ensuite dans son lit, et il dormit jusqu'au lendemain.


(*) jour de la naissance de Reg.
(**) Nous sommes ici 2 ans et demi après la naissance de Reg
_________________
Je suis toujours de passage, qui veut que je reste doit prendre mon coeur...


Dernière édition par Reg Mirkaos le 30 Déc 2003 16:36; édité 1 fois
Revenir en haut
Reg Mirkaos
L'elfe qui se confond avec le vent [Mod]
Inscrit le: 21 Nov 2003
Messages: 268
Localisation: Valbonne, Sophia-Antipolis, Cote d'Azur
Posté le: 22 Déc 2003 2:39    Sujet du message: chapitre 3

"Papa, pourquoi tu m'as pas dit que maman attendait un bébé quand elle est partie? Et pourquoi tu veux pas te remarier? [...] Moi j'aurais aimé avoir un petit frère, ou une petite sœur... "

Sten Mirkaos, d'après son père. Journal intime d'Hélène Renkaoth. *



chapitre 3: Jeunesse en Espagne

Reg apprend vite à marcher. la Mama Loco est plutôt dûr avec lui, ce qui le rend rapidement assez discipliné. Cependant il préfère aller gambader seul dans les champs que de rester avec la Mama dans sa petite ferme. La veille dame est souvent obligée d'aller le chercher pour le diner. Lorsqu'il se rend au village avec la Mama, Reg a toujours un bandeau autour des oreilles pour les cacher. Mais celui-ci l'incommode et il lui arrive de l'enlever. Il essuie alors une fois de plus les remontrances de la Mama. Certains se sont aperçu de la forme étrange de ses oreilles, et petit à petit une rumeur s'installe. Ce n'est pas préjudiciable à la Mama Loco, que tout le monde respècte, mais tout le monde a progressivement une espèce d'inquiétude quand Reg les regarde. Reg s'en aperçoit rapidement, et devient alors très timide, se cachant parfois derrière la Mama lorsqu'il est face à ses gens qui le regardent en essayant d'examiner ce qu'il a de différent d'un petit garçon normal.

Un jour, Reg part plus loin que d'habitude de la petite ferme. Il trouve un champs de maïs et mange un epis entier, regardant le Soleil couchant. Il se dit alors que la Mama devrait arriver pour le retrouver, et repu par son repas, s'endort dans cette douce nuit d'été. Il est surpris de se réveiller le lendemain au même endroit. En empruntant le même chemin qu'à l'aller, il retourne à la ferme. Quand il arrive il est déjà plus de midi. La Mama Loco n'est pas dehors, mais son véhicule est garé à l'extérieur. Reg entre alors dans la petite batisse. La Mama est assise à la table, lui tournant le dos. Elle a les avant-bras allongés sur la table, ferme sur ses coudres, sa tête est baissée en avant, et son dos légèrement courbé en arrière, ce qui lui donne un parfait équilibre. Reg pense d'abord qu'elle est endormie, et monte sur la table pour la réveiller. Le corps de la veille dame s'étale alors sur la table. Reg se rend alors à l'évidence qu'elle ne se réveillera pas. Pris de panique il essaye de démarrer le véhicule de la Mama, mais ne sachant pas s'en servir, il court finalement au village à pied. Dans sa hâte il n'a bien sûr pas pris son bandeau, et tout le monde s'aperçoit que la rumeur était vraie. Ses oreilles d'elfe apparaissent au grand jour. Reg, intimidé de voir tout ces regards portés sur lui se sent oppressé par la foule. Il ne dit pas un mot, et se réfugie dans une petite ruelle. Là il éclate en sanglots. Personne ne le retrouve à part certains chats qui viennent lui rendre visite.

Finalement Reg reste dans la rue, et commence à voler de la nourriture pour survivre. Bien qu'il n'aie que 5 ans, il se débrouille bien, et retourne de temps en temps à la ferme pour prendre des légumes dans le potager. mais au bout de quelques jours, lorsqu'il ouvre à nouveau la porte de la ferme, il voit des tonnes de mouches. Il s'enfuit alors une fois de plus. Lorqu'il revient au village, il se fait attrapper par les commerçants, qui n'hésitent pas à lui tirer les oreilles. Il leur apprend rapidement que la Mama Loco est morte, et les gens du village vont enfin chercher son corps pour l'enterrer. Après cet évènement Reg s'échappe quelques jours. Il est vite rattrappé par les habitants qui le placent dans un orphelinat plus proche d'une nouvelle ville. Il y fait la connaissance d'enfants de son age. C'est ici qu'il n'aura de cesse de répéter cette phrase: "Quoi mes oreilles, qu'est-ce qu'elles ont mes oreilles?" (en Espagnol bien sûr) Au bout de 2 mois il décide de quitter l'orphelinat, il ne tient plus en place. Il retourne alors dans son village d'origine au cours d'une fugue qui dure une dixaine de jours. Les villageois sont étonnés de le retrouver un jour après son arrivée, en train de voler à nouveau sur le marché. Il est alors prit à parti alors qu'il volait à la tire, passant au milieu des gens en essayant de ne pas se faire voir grâce à sa petite taille. Mais c'est alors qu'intervient un homme qui n'est pas du village, et ne comprend pas pourquoi on maltraite un enfant de 5 ans. Il s'agit de Don Francisco, un riche marchand venu faire affaire. Il recueille l'enfant et sait lui inspirer confiance.

Finalement Don Francisco décide de garder Reg avec lui quand il voit à quel point il déteste l'orphelinat. Il se sent trop différent, et a besoin de stabilité. L'orphelinat accepte rapidement que Reg soit adopté par Don Francisco et sa femme. Commence alors pour lui une vie totalement différente. Il habite alors dans une grande villa avec un domaine énorme à quelques kilomètres de Barcelone. Il mange bien, et ses parents adoptifs s'occupent bien de lui. N'ayant pas d'autre enfant, il se retrouve souvent seul, ce qui le perturbe. Pendant cette période il fait beaucoup de cauchemards, il a des visions qu'il n'arrive pas à décrire. Mais tout ceci n'est qu'un détail, qui n'a pas grande importance dans ce tableau heureux. Reg apprend à lire et à écrire avec un précepteur. Il apprend beaucoup de choses, et s'intéresse beaucoup à l'Histoire, surtout celle de ses premières années. Mais avec ça il garde toujours son coté "gamin de la rue". Ce qu'il déteste par dessus tout, c'est de se faire couper les cheveux. Il aime toujours se balader dans la nature, et en particulier lorsque le vent couvre le bruit de ses pas. Don Francisco lui apprend aussi à monter des cerf volants. Par contre, personne dans sa nouvelle famille ne connait les elfes, pas plus que les gens de son village d'origine. Mais Reg n'en oublie pas pour autant son nom d'origine. Il ne veut pas en porter d'autre.

A 8 ans Reg entre dans une grande colère après s'être fait couper les cheveux trop court à son goût. Il pousse le coiffeur par surprise et le met à terre. A ce moment sa mère adoptive arrive. Reg doit alors s'excuser pour son geste, mais reste profondément affecté par la honte de ne pas avoir su se contrôler. De plus il se sent victime, et cet évènement annodin est assez marquant pour qu'il obtienne de ses parents adoptif de ne plus se faire couper les cheveux. Reg veux dorénavant se les couper lui-même. Bien sûr il les laisse pousser pour l'instant. Mais un autre évènement vient marquer sa vie à nouveau, et celui-ci est le début d'une vie tout à fait nouvelle. Un jour, un des amis de Don Francisco lui annonce l'existance du village elfe en France. Reg va avoir 9 ans, et la décision est prise de se rendre au village elfe. Mais Don Francisco ne peut abandonner ses affaires comme ça. Il décide donc que ce voyage sera aussi un voyage de commerce et emmène un gros camion rempli de marchandises diverses. Toute l'équipe de commerçants est du voyage. La petite entreprise compte 7 personnes avec la femme de Don Francisco.

Lors de la deuxième étape du voyage, le convois s'aprête à passer la frontière française. La route est mauvaise, car elle a été refaite rapidement avec peu de moyens après les bombardements 8 années plus tôt. C'est à l'endroit le plus mauvais de la route que les voitures et le camion tombent sur un barrage. Ce sont des brigants qui veulent s'approprier les marchandises et les recettes de la troupe marchande. Ils sont 12, ce sont des Français. L'un des espagnols s'énerve et refuse de laisser les malfaiteurs leur prendre tout. Il commence à leur demander de partir, et de les laisser tranquile. La femme de Don Francisco, voyant que la situation risque de s'envenimer, veut intervenir et arrêter son compatriote. Mais son geste est mal interprété par les français. Le chef des bandits donne un coup de couteau par réflexe et la femme s'écoule morte instantanément. Don Francisco entre alors dans un rage folle, entrainant avec lui tous ses amis. Les espagnols se font tous massacrer, n'étant pas armés face aux brigands. Reg sort alors de la voiture où il était resté caché. Son sang ne fait qu'un tour. Son visage, d'abord surpris de voir ce massacre, devient rapidement un regard de haine envers le chef des brigands, qui vient de se rendre compte qu'il a tué ces gens sans le vouloir vraiment. Reg se jette sur lui. Il est tout de suite repoussé par cet homme qui est bien plus grand que lui. Mais dans l'assaut son couteau lui a échappé des mains. Reg le ramasse rapidement et tranche la carotide de son adversaire en un clin d'œil, avant de se faire encercler par les 11 autres personnes qui arrivent sur lui trop tard. Reg se bat d'une manière imprévisible pour ces brigants peu aguerris. Il blesse et tue sans flancher, et de façon bestiale. Il récupère même un second couteau au milieu de la bataille, redoublant ainsi d'efficacité meurtrière. Il n'en épargne aucun. Quand il a fini, il se retrouve assis par terre, couvert de sang et entouré de cadavres. Il lache ses couteaux, les yeux dans le vide. Il regarde autour de lui en tournant la tête. Il reste ensuite fixe, la tête baissée. Ses mèches noires lui tombent sur le visage. Il relève la tête et crie. Son cri n'est pas assez fort pour décrire l'ampleur de sa souffrance. Il s'évanouit ensuite. Il reste inconscient pendant 5 heures. Quand il se réveille il n'y a toujours personne. Il est toujours seul au milieu des cadavres.

Fébrilement, Reg se relève. il va vers le camion. A grand peine il l'ouvre et y prend de quoi manger et boire dans son sac de voyage, qu'il allège de tout le superflu. Il n'a qu'une idée en tête: quitter ce lieu et partir à la recherche du village elfe. Il se met en route à pied.



(*) Hélène Renkaoth était la meilleure amie d'Eve Mirkaos. Après sa mort, elle fut la compagne de Gal Mirkaos. Ce n'était cependant pas une relation stable.
_________________
Je suis toujours de passage, qui veut que je reste doit prendre mon coeur...
Revenir en haut
Reg Mirkaos
L'elfe qui se confond avec le vent [Mod]
Inscrit le: 21 Nov 2003
Messages: 268
Localisation: Valbonne, Sophia-Antipolis, Cote d'Azur
Posté le: 30 Déc 2003 20:36    Sujet du message: chapitre 4

"J'en ai maintenant la certitude, Reg est un génie. Son apprentissage est beaucoup plus rapide que n'importe qui, malgré un caractère plutôt dissipé. Surement est-ce dû au développement qu'il a eu lors des 30 premiers mois de sa vie passés dans l'espace. Mais je sens aussi autre chose chez lui, un traumatisme fort dont il refuse de parler."

Henri Sakhan, maitre Yeelfer, Notes sur les elèves. (*)


chapitre 4: un parcours de guerrier

"Fuir et atteindre le but fixé", tels étaient les seules préoccupations de Reg pendant tout son voyage. Personne ne le voyait passer. Il marchait à travers les champs et les montagnes, caché par épis, hautes herbes et arbres. Pour lui, voir à nouveau un être humain avant d'atteindre son but, c'était s'exposer à un danger, pour lui ou pour quiconque le rencontrerais. La mort de ses parents adoptifs et la tuerie de ses agresseurs l'avaient rendu paranoïaque. Il marchait toujours caché. Après un certain temps, il décida de marcher en grande partie pendant la nuit. L'été d'une chaleur toujours plus étouffante en cette fin du mois d'août le faisait tomber de sommeil dans n'importe quel recoin à l'abri des regards. Il avait perdu la notion du temps, mais il marchait toujours dès qu'il était éveillé. Ses provisions étaient maigres, et il volait de quoi manger la nuit. Il prenait de temps en temps 3 poules dans un poulailler, les executtant sur place et laissant les têtes.

Plusieurs battues organisées par différents fermiers furent organisées pour retrouver sa piste, mais Reg était insaisissable. Il avançait rapidement, se cachait bien quand il le fallait vraiment, et ne laissait pas beaucoup de traces derrière lui. Il continua ainsi, traversant l'Ariège, la Haute-Garonne, le Gers, le Lot-et-Garonne, la Dordogne, pour finalement arriver en Charentes. Pris au ventre depuis le début par de multiples indigestions, il était devenu de plus en plus faible. Voulant changer son régime alimentaire, il tenta un soir de tuer un agneau dans une petite ferme à l'Est d'Angoulême. l'animal cria lorsque le couteau s'enfonça dans sa chair. Mais la main de Reg était tremblante et il ne causa pas de grande blessure. Le fermier alerté par le bruit veinrent voir ce qu'il se passait. Reg voulut prendre la fuite, mais s'évanouit. Ca faisait trois jours qu'il n'avait pas mangé. Il était malade et déshydraté. Le fermier le recueillit et le soigna pendant près d'une semaine. Il trouva le sac de Reg, contenant sa carte de France qui indiquait l'emplacement de Tilliec, le village elfe. Or il y avait en escalle à Angoulême une elfe itinérante appelée Amarilyss Lethéïn. C'était une femme de 41 ans, un peu forte et assez grande, aux longs cheveux blonds. Elle portait des pantalons amples, des chemises épaisses serrées à la taille et une éternelle écharpe large dans laquelle le petit Reg pouvait encore s'emmaillotter entièrement. Elle avait le visage doux et encore jeune. On la savait mariée depuis peu à un humain de souche. Répendant la nouvelle qu'un jeune homme aux oreilles pointues avait été trouvé chez lui, le fermier n'eut pas de mal à apprendre qu'il s'agissait d'un elfe, et Amarilyss en fut finalement rapidement informée. Elle rendit visite au fermier. Lorsqu'elle arriva, Reg venait de se réveiller après un long sommeil. Il était terrorisé. Elle arriva juste à temps. Bien que Reg ne sache plus parler Français, Amarilyss le rassura rapidement. Reg apprit qu'on était déjà le 25 septembre. Il avait donc tout juste 9 ans. Ce soir là il s'endormit dans la plus grande quiètude, ayant compris qu'il avait réussi, qu'il irait à Tilliec.


Amarilyss l'accompagna rapidement jusqu'au village elfe, grâce aux convois marchands. Le village donna une fête à son arrivée. Ce jour là il faisait beau et le vent soufflait fort. Le village était aussi heureux car pour la première année depuis l'installation, les femmes avaient été autorisées à avoir des enfants, les risques du nuage atomique étant enfin écartés. L'alerte ayant été levée en Janvier, les naissances commençaient à arriver doucement. Reg fut présenté aux principaux habitants du village, donc Henri Sakhan. Il ne comprit pas tout de suite pourquoi cet homme de 48 ans était autant respecté par tous les habitant. Bien sûr, Henri Sakhan était le plus agé des elfes de Tilliec, mais sa moustache blanchissante n'était pas seulement ce qui le rendait admirable aux yeux de la population. Il deveint le tuteur de Reg. Reg apprit rapidement le Français, et même l'Anglais. Il était très doué et s'amusait beaucoup à lire plein de livres dans 3 langues différentes. Mais ce qu'il aimait par dessus tout c'étaient ces longues journées passées à visiter les environs de Tilliec, parfois jusqu'à 20 kilomètres à la ronde. Chaque jour de libre, il partait dans le sens du vent au petit matin, pour ne revenir que le soir. Henri le grondait souvent au début, parce qu'il était jeune. Mais arrivé à 12 ans, il semblait avoir abandonné. Reg regrettait de ne pouvoir entrer en contact avec sa famille, un orage ayant complètement détruit l'installation de télécommunication spaciale quelques mois avant son arrivée. pendant cette période, il continua à se laisser pousser les cheveux. Les habitants du village lui disait parfois "Dis-donc, tu pousses aussi vite que tes cheveux toi!".

Arrivé à l'age 14 ans, Reg qui avait appris que Henri Sakhan était un maitre du Yeelfer, l'art martial elfe, lui demanda de lui enseigner. Henri commença par refuser. Il avait volontairement caché l'art martial à Reg, sachant qu'il aurait en tête de l'apprendre dès qu'il en entendrait parler. L'age normal pour commencer est 16 ans. Mais devant l'insistance et la détermination de Reg, il finit par céder. Mais Reg dût faire un marché, Henri lui demanda de raccourcir ses cheveux qui lui arrivaient presque aux pieds. Reg les coupa lui-même au couteau jusqu'aux homoplates. L'entrainement commença. Reg était le deuxième élève de Henri. Après quelques mois, alors qu'il faisait déjà de grands progrès, un homme étrange appelé Llyod arriva au village. Il deveint lui-aussi disciple de maitre Sakhan pour apprendre le Yeelfer. Il était en apparence plus agé que Reg, et disait avoir 22 ans. Mais Reg se rendit compte qu'il avait quelque chose de tout à fait différent. Lloyd ne semblait pas évoluer phsysiquement au cours de l'entrainement. Il était fort, et Reg constatait que peu à peu sa force le rejoignait. De plus il était surpris que Lloyd rattrappe son retard aussi facilement en technique. Lloyd savait manifestement apprendre très vite. Pour Reg ça ne collait pas avec l'age de Lloyd. Une nuit il fit un rêve dans lequel il revoyait Jog qui lui apprenait un tas de choses dans le vaisseau de la MEOTH. A son réveil, il eut l'illumination: Lloyd était un robot. Il comprit alors pourquoi Lloyd était avant tout devenu son meilleur ami, et lui inspirait confiance. Reg, fut le premier à découvrir la véritable nature de Lloyd. Henri Sakhan ne tarda pas à le savoir aussi. Cependant cette histoire resta secrète. Lloyd était le robot le plus extraordinaire qu'il soit. Il possédait la perception nécessaire pour apprendre le Yeelfer, qui nécessite un grand "sens physique".

Reg avait 16 ans quand commença une nouvelle période de sa vie. Dans cette période il allait pouvoir accomplir ses rêves, lutter contre tous les obstacles qui se dresseraient contre lui, et devenir pratiquement une légende vivante.
Lors d'un exercice avec Lloyd, qui avait du mal à élever son niveau, il déclara: "Si tu n'arrives pas à vaincre ce qui fait de toi une machine, jamais tu dépasseras tes limites!" Lloyd répondit alors "Faut-il dépasser ses propres limites pour devenir un guerrier Yeelfer?" Reg eut alors une hésitation, mais dit finalement "Je crois... en un sens, je suis aussi une machine." Lloyd dit alors "Je ne comprends pas". La réponse de Reg fut immédiate: "Je vais te montrer". Il se plaça alors dans sur l'endroit de la colline où les vents frappaient le plus fort, et tourbillonnaient ce jour-là. Il commença et se concentrer, et ses cheveux se détachèrent. Par quelques mouvements puissants, il contrôla les vents et établit autour de lui un champ de force! La pression changea brusquement autour d'eux, et le ciel s'obscurcit. Le vent tomba, mais la force qui entourrait Reg continuait à agir, soulevant sa longue chevelure dans les airs. Le visage de Reg changea. C'était maintenant celui d'un démon, celui-là même qui avait tué les brigands il y avait 7 ans de celà. Il fit un pas vers Lloyd. Sa force arrachait l'herbe et la consummait sur son passage. C'est à ce moment que Henri arriva. Il ordonna d'une voix si forte, qu'elle semblait venir de toute part: "Regulus Mirkaos! Arrête-toi immédiatement!" Le maitre était entouré d'une force équivalente à celle de Reg, bien que différente. Lloyd n'osait plus bouger. Il tentait en vain d'analyser comment les prodiges auxquel il assistait étaient possibles. Reg se retourna et s'arrêta. Ses cheveux retombèrent sur ses épaules, mais ne touchèrent pas son visage. 7 mèchent se formèrent autour de sa tête et leur poids les faisait retomber vers les extrémités. Reg regarda son maitre, puis s'effondra. Il avait utilisé trop d'énergie. "C'est ce qu'on appelle une 'seconde révélation', Lloyd", dit alors maitre Sakhan. "Reg en a été capable avant la première, parce qu'il est de loin l'élève le plus doué que je puisse réver d'avoir. Cependant en élevant son niveau directement à celui d'un maitre comme moi, il a mis sa vie en danger, réveillant des énergies qui lui sont inconnues."

Ainsi, Reg deveint un guerrier Yeelfer. Il savait ce que celà signifiait pour lui, mais il était encore bien loin d'en imaginer les conséquences...




(*) Ces notes datent de la fin de la première année d'apprentissage de Reg.
_________________
Je suis toujours de passage, qui veut que je reste doit prendre mon coeur...
Revenir en haut
Reg Mirkaos
L'elfe qui se confond avec le vent [Mod]
Inscrit le: 21 Nov 2003
Messages: 268
Localisation: Valbonne, Sophia-Antipolis, Cote d'Azur
Posté le: 03 Jan 2004 16:15    Sujet du message: chapitre 5

Reg Mirkaos
nom complet: Regulus Mirkaos, ou Reg Ulus Mirkaos
Taille: 1m69
Poids moyen: 61kg
cheveux: noirs
Yeux: verts

particularités physiques:
- oreilles pointues (elfe)
- 7 mèches de cheveux partant du sommet de son crane vers différentes direction. 2 vers le bas, 5 vers le haut. Coiffure naturelle due à l'assimilation du Yeelfer.
- droitier. pied d'appel gauche. oeil directeur: droit.
- coeur placé plus à gauche que chez un humain normal.

origines:
Né le: 25 Septembre 20XX
Lieu de naissance: Orbite terrestre, au dessus d'un point au nord-est de la Libye (coordonnées non disponibles)
Mère: Eve Mirkaos, née Alfiran (décédée)
père: Gal Mirkaos
Premier tuteur: Jog, robot-assistant de la MEOTH, organisation gouvernementale de Titan
famille connue: Stenhart Mirkaos (frère ainé)

éléments de profil psychologique:
- enthousiaste, volontaire et naturellement dynamique.
- enclin à la méditation, à la réflexion, et capable de rester concentré très longtemps.
- instable et inflexible sur certains points. possible double personnalité. traumatismes au cours de l'enfance.

Aquis cognitifs principaux:
- niveaux littéraires en Espagnol, Français et Anglais. Bases du dialogue en Karnan unifié. (langue extraterrestre)
- connaissance de l'Histoire mondiale de son siècle et de l'Histoire des elfes.
- connaissances littéraires: littérature Britannique, Irlandaise, Française, américaine et Espagnole des 20e et 21e siècles.
- connaissances et aptitudes en secourisme.
- connaissance du Yeelfer. (art martial)

style de combat:
- utilisation de positions corporelles inattendues et d'une grande rapidité d'exécussion pour placer le plus souvent des coups de pied. Attaque et défense basées sur l'esquive.
- utilisation des courants d'air pour obtenir des espaces de compression ou de dépression. arcanes yeelfer utilisées: preception des phénomènes de résonnance, et des champs magnétiques.
- limites: peu de résistance aux coups, se fatigue rapidement lors de combats top longs. Difficultés à mener une attaque pure contre une protection parfaite.

informations sur Reg Mirkaos mémorisées par Lloyd avant le départ de Reg de Tilliec à ses 16 ans.


chapitre 5: pélerinage

Je suis parti de Tilliec voilà déjà quelques jours. Après tout ce temps, je suis enfin devenu assez fort pour réaliser enfin le voyage dont je rêve depuis un certain temps. Ca n'a pas été facile de convaincre maitre Sakhan, mais bon, j'ai réussi. En plus il m'a donné la lame de paix. Cette épée est sensée être purement hornamentale, elle n'est pas aiguisée, ni adaptée pour le combat par ses caractéristiques, mais je pourrais en tirer quelque chose en utilisant mon yeelfer. Je pense que maitre Sakhan a décidé de me la confier parce qu'il savait que je pourrais l'utiliser mieux que quiconque. Il m'a aussi dit "Là où tu vois des conflits, essaye d'apporter la paix". Je suis peut-être jeune pour un guerrier yeelfer, mais je sens que c'est aussi ce qui me tient à cœur. C'est en quelque sorte ma "mission". Maitre Sakhan ne m'a pas demandé de choisir ma vocation en tant que guerrier yeelfer. Il en existe 4 principale: l'enseignement, la protection, l'assistance, et enfin le combat contre l'injustice. Tel que je suis parti, le combat contre l'injustice semble être ma voie. Mais je ne comprends pas encore bien ce que je vais faire pendant ce voyage. ^_^°

Enfin, je m'égarre dans mes pensées. Me voici enfin arrivé sur le sol Libyen. Je n'ai pas aimé ce voyage en bateau. C'était long, et j'avais du mal à y manger, je me suis senti mal du début à la fin. Enfin, dans l'ensemble, le voyage s'est bien déroulé. Amarilyss m'a accompagné jusqu'en Italie, et j'ai pu prendre le train pour la première fois de ma vie. Ca c'est pratique comme moyen de transport. C'est beau l'Italie aussi. La plage de Bari est sympa. Dire qu'il y a des siècles, c'était une ville d'étape pour les pélarinage... C'est un peu ce que je fais aussi après tout. Mince, il fait de plus en plus chaud, j'ai bien fait d'attacher mes cheveux... (*)

marchand: Eh, jeune fille! (**)
Reg: Jeune fille? O_O
marchand: Oh pardon! Excusez-moi, mais... oh! Vos oreilles...
Reg: Quoi mes oreilles? Qu'est-ce qu'elles ont mes oreilles?
marchand: on vous les a taillées en pointe...
Reg: Hahaha, mais non, je suis un elfe c'est tout. Vous n'avez pas entendu parler des elfes?
marchand: il existe un nouveau pays où vous êtes tous comme ça?
Reg: juste un petit village en France.
marchand: Ah, la France... la pollution nucléaire... C'est pour ça n'est-ce pas?
Reg: Euh, non ^_^° En fait, j'ai des origines extraterrestres. Mais rassurez-vous, je suis aussi humain que vous! Il y a autant de différence entre un elfe et un homme blanc qu'entre un homme blanc et un homme noir.
marchand: Ah bon?
Reg: Vous voulez vérifier? Je suis humain, vous me croyez?
marchand: D'accord, d'accord jeune homme, calmez-vous. Je voulais discuter affaire avec vous.
Reg: discuter affaire?
marchand: Oui, j'ai remarqué que vous avez le teint très pâle, et qu'en plus vous portez un T-shirt noir, vous devez avoir trop chaud, et vous allez bientôt devenir tout rouge avec le soleil que nous avons aujourd'hui! Alors j'ai exactement ce qu'il vous faut: de nouveaux vêtements clairs, qui vous convreront, et qui ne vous tiendront pas chaud du tout! Pas cher! Vous payez en euro? je prends les euros! J'ai tout ce qu'il vous faut!
Reg: Vous avez raison, je vais rotir sur place si je reste ainsi. Combien pour ce vêtement?
marchand: Pas cher, pas cher, 100 euros! (***)
Reg: hmmm... Vous pouvez pas me le faire à 30 euros?
marchand: Quoi? Mais c'est trop peu, je peux baisser le prix jusqu'à 80 euros si vous voulez.
Reg: Vous ne pouver pas baisser jusqu'à 50?
marchand: Je fais un effort parce que vous venez de France, je vous le fait à 60 euros. C'est mon dernier prix.
Reg: Bien, dans ce cas je devrais attendre de trouver un autre vendeur de vêtements...
marchand: Ok, ok, je vous le fait à 50 euros.
Reg: Affaire conclue!
marchand: Vous savez, ce vêtement ne vous protègera pas efficacement la tête. Vous devriez couper vos cheveux pour avoir moins chaud.
Reg: Non, je veux les garder comme ça.
marchand: dans ce cas je vous offre un keffieh. Ca vous protègera la tête. Vous risquez une insolation sinon.
Reg: Merci, je suis honoré par votre cadeau.
marchand: Bienvenue en Libye jeune homme! Et au fait, vous pouvez me dire votre nom?
Reg: Je m'appelle Regulus Mirkaos. Les gens m'appellent Reg.
marchand: Reg? Ca veut dire quelque chose en Français?
Reg: La même chose qu'en arabe.
marchant: Ah, comme le désert rocheux alors... comment s'appelle ton peuple déjà?
Reg: les elfes.
marchand: grâce à moi, tu es l'elfe du désert! Bienvenue en Libye!


Bon ok, je vais m'habiller avec ça, ce T-shirt noir devient insupportable. Pourtant j'ai pris l'habitude de porter de T-shirts noirs... C'est sûr que là il faut que je change me habitudes. Bon ça va, c'était pas trop cher comme vêtements, et ils sont vraiment biens. Mais si je dépense comme ça tout le temps il ne va plus me rester d'argent assez rapidement! J'ai faim et surtout soif. Je vais chercher un petit resto en ville et me renseigner pour savoir comment me rendre en Adjabiya (****) J'espère que ça sera pas encore en bateau. ^_^°
Enfin qu'importe après tout. Tout ce que je veux c'est rendre à ma mère l'hommage qu'elle mérite, sur le lieu géographique de ma naissance...



(*) Reg a coupé ses cheveux avant de partir en voyage. Maintenant ils lui tombent tout juste sur les épaules.
(**) Ce dialogue est en anglais
(***) L'euro est 6 fois moins cher qu'actuellement. Il est cependant resté stable grâce à une reconstruction efficace de certains pays Européens. La Libye ayant été un pays en guerre, son économie est plutôt faible. Les prix proposés par le marchand sont bien supérieurs à ceux du marché normal. Reg se fait arnaquer parce qu'il est étranger. Normalement, son vêtement aurait dû lui couter un maximum de 10 euros.
(***) Grande région Nord-Est de la Libye
_________________
Je suis toujours de passage, qui veut que je reste doit prendre mon coeur...


Dernière édition par Reg Mirkaos le 01 Fév 2004 19:08; édité 1 fois
Revenir en haut
Reg Mirkaos
L'elfe qui se confond avec le vent [Mod]
Inscrit le: 21 Nov 2003
Messages: 268
Localisation: Valbonne, Sophia-Antipolis, Cote d'Azur
Posté le: 08 Jan 2004 0:35    Sujet du message: chapitre 6

"J'ai entendu une rumeur aujourd'hui. Elle parlait d'un jeune homme aux cheveux longs, qui surgissait sans prévenir à la faveur des vents du désert. D'un regard, il serait capable de transpercer le cœur de qui s'opposerait à lui. On dit que ses oreilles sont pointues aussi. Serait-il un démon? On m'a dit qu'il avait des pouvoirs impressionnants, comme celui de controller le vent et de tuer avec l'air et le sable. Il parrait qu'il possède une épée, mais personne ne l'a encore jamais vu l'utiliser contre des hommes, même armés. Les gens le craignent d'Ajdabiya à Al Kufrah, du Surt à l'Egypte. On l'appelle le démon du désert. On dit aussi que son nom est Reg Mirkaos."


Témoignage du muezhin de Jalu à Redha Zehnon, inspecteur de police d'Ajdabiya.



chapitre 6: le démon du désert


Reg venait de quitter Maradah la grande ville la plus à l'Ouest de l'Ajdabiya, région qu'il allait presque entièrement traverser pour rejoindre cette zone Au sud du Tubruq, où se trouvait le point géostationnaire de sa naissance. Parfois il se demandait pourquoi c'était si important pour lui, alors qu'à 16 ans, et seul, cette aventure était périlleuse. Le désert lui semblait maintenant uniforme. Il n'y avait plus de direction si on faisait abstraction de la route qui s'ensablait de plus en plus, faute d'entretient.
Il avait fait bon voyage en prenant la route du littoral. Beaucoup de gens l'avait aidés, lui apprenant quelques mots d'arabe, lui indiquant son chemin, l'hébergeant ou le transportant. Beaucoup de gens cependant étaient méfiants envers lui, surtout au début de son périple. Les souvenirs de la guerre étaient encore forts, en particulier dans tout le Nord-Ouest du pays. Mais dès qu'il racontait un peu son histoire, on était plus accueillant avec lui, et le plus souvent on l'aidait. Il avait maintenant souvent répondu à la question "Que fais-tu en Libye" par "Ma mère est morte en Libye pendant la guerre. Je suis en Libye pour honorer sa tombe". A force de répéter celà, il avait pris mieux conscience de la raison de son voyage, et était de plus en plus déterminé à atteindre ce lieu, qu'il trouverait grâce à un appareil GPS qu'il avait acheté en Italie. Il connaissait les coordonnées par cœur depuis tout petit, et savait les répéter comme une comptine en plusieurs langues. C'est Don Francisco qui lui avait fait noter lorsqu'il avait commencé à écrire. La Mama Loco aimait aussi chanter cette comptine avec lui. Les souvenirs de ces périodes de sa vie lui revenaient souvent en ce moment. Dans ces rêves il revoyait le marché de ce petit village, les champs de maïs, de blé, et les orangeraies où il aimait se cacher. Puis c'étaient ces grands pins qui dansaient au vent, de la terrace de la résidence de don Francisco, où il mangeait du flan au caramel. Il se réveillait alors, parcre que brusquement le rêve devenait noir, et il tombait à n'en plus finir. Pendant une semaine, il s'était réveillé de plus en plus tôt, la gorge sèche. Le désert était de plus en plus sec.

La ville était maintenant bien loin. La route était maintenant complètement recouverte par le sable. Seules les bornes sous forme de poteaux métalliques dépassaient encore, indicant le chemin vers l'Est. Parti à pied Reg avait espéré rencontrer quelque véhicule qui accepterait de le prendre en autostop. Mais aujourd'hui personne ne semblait voyager. Pas une seule voiture dans les deux sens. Le soleil tappait fort, et la chaleur arrivait à son maximum. Il devait être environ 3 heures de l'après-midi. Reg repensait à son voyage sur les routes de France. Avant il aurait tout fait pour éviter la route et marcher sur le coté. Maintenant il la cherchait sous le sable. Mais ça revenait au même finalement. Il avait un but, mais ne savait plus comment l'atteindre. Sous la lumière en plein, il ne levait plus la tête, et suivait machinalement le battement de son coeur en marchant au même rythme, regardant ses pieds. Le temps n'existait plus. le sable était toujours sous ses pieds, son geste était tellement répétitif que vu de lui-même, il semblait totalement reversible. Marchait-il à l'envers? Seul le soleil était de plus en plus chaud. L'air était de plomb.

Soudain, Reg entend des cris. Ils viennent de la droite, au-delà d'une petite dune au bord de la route. le terrain est plus bas de l'autre coté. Lorsqu'il arrive au sommet de la dune et en courant, Reg a l'impression d'être remonté dans le temps. Il y a là un camion arrêté, et ses 2 occupants, un homme et une femme, sont pris à parti par 7 personnes, armés de sabres ou d'autres armes blanches, et qui ont l'air aguerris. Reg crie "Bass" pour leur demander d'arrêter. Le vent se lève alors d'un seul coup. Quand les brigands se retournent, Reg enlève son Keffieh pour mieux leur montrer son visage. Apeuré par ce coup de vent soudain et la chevelure du nouvel arrivant, les brigands ont une hésitation. Le propriétaire du camion tente alors de désarmer l'homme qui le menace, mais se fait trancher la gorge par un sabre affuté. La femme devient folle et tente à son tour d'attaquer. Elle se fait tuer aussi, par les 2 hommes qui l'entouraient. Reg retire alors son vêtement, sous lequel il a gardé sa tenue habituelle. Il s'élance en courant vers le bas de la dune, pris de la même folie meurtrière que 7 ans auparavent. Le premier des hommes à lui faire face a 2 couteaux, et lui attaque à mains nues. Il évite le premier assaut et par une prise déboite le coude droit de son adversaire, puis plante un de ses couteaux dans son dos. le 2e attaque avec son sabre long. Reg lui envoie du sable au visage puis lui saute dessus pour enfermer sa tête avec une des jambes. En tournant tout en tombant, il lui brise la nuque d'un seul coup. Maintenant à terre, ce sont 3 hommes, dont les deux assassins qui attaquent en même temps. En se revelant il brise le genou de l'un d'entre eux, donne un coup de pied dans la tête d'un deuxième avant de projeter le troisième sur le sabre du deuxième, se saisir du couteau de la main gauche du troisième pour égorger rapidement le deuxième, puis achever le premier tombé par terre avec sa propre arme. Un sixième homme se jette alors sur lui avec deux couteaux, voyant Reg lacher ses armes. La peur et l'hésitation du malheureux donnent le temps à Reg de fendre l'air avec sa main droite tendue. Lorsque l'homme est sur lui, il lache ses couteaux, le poing de Reg ayant persé son estomac et remontant maintenant dans sa cage thoracique. Reg soulève ainsi l'homme et le jette. Son bras droit, le poing fermé, est dégoulinant du sang de son dernier adversaire. Le septième homme voyant celà prend la fuite avec tous les cheveaux des brigands, après avoir laché ses armes.

Reg regarde son bras droit. Il réalise alors qu'il est dans le même cauchemard qu'il y a 7 ans. Il essaye de contenir sa terreur et sa tristesse. mais les larmes sur son visage tracent des lignes qui ne disparaissent pas avec leur rapide évaporation à cause de la pellicule de sable sur sa peau. Reg se courbe, essayant encore de se contenir. C'en est trop, il tombe à genoux, encore une fois entouré de cadavres. Il a envie de se couper la main droite, puis le bras droit, puis lui vient l'idée de se suicider ici même. Il crie à s'en arracher la gorge. Ses larmes ne coulent plus, la chaleur l'empèche de pleurer. Il a du sable dans les yeux et dans la bouche. Il ne peux plus bouger pendant un moment. C'est alors qu'il entend des sanglots qui viennent de l'arrière du camion. Surpris, il se relève en titubant. Saisissant une etoffe au sol, il nettoie rapidement le sang sur son bras, et s'avance lentement vers le camion. Il soulève la bache et un petit cri lui fait mal aux oreilles. il lache la bache, et doit la reprendre. Il voit alors une petite fille. Elle doit avoir 10 à 11 ans. Elle s'est évanouie dans ce camion sombre où elle s'était cachée. Et dans l'ombre en silence, Reg la prend avec lui. Il la place dans l'ombre du camion, adossée à la roue arrière. Il part ensuite avec la même lenteur récupérer ses affaires en haut de la dune. Quand il revient la fille n'est toujours pas réveillée. Il lui donne à boire de sa gourde et la ventile. Elle boit mais ne recouvre pas ses esprits et s'endort pour de bon. Reg entreprend alors d'enterrer les 8 corps qui sont étendus sur le sol. Il y met le temps qu'il faut, mais il y parvient. Puis il trouve dans le camion des provisions et en prend une partie, sa gourde étant vide. Il trouve de l'eau et de la nouriture. Il fait l'effort d'essayer de chasser de son esprit les souvenirs qui lui rappellent brutalement la situation dans laquelle il est à nouveau. Il essaye de se parler à lui-même, mais ne peut pas, devenu aphone en criant tout à l'heure.

La marche reprend. Reg porte la fille enveloppé dans une couverture et une petite tente en kit qu'il a trouvé dans le camion. Jusqu'à la nuit noire il continue le long de la route. Il n'y a toujours personne. Reg monte la petite tente légèrement au nord de la route. Il est un peu serré avec la fille, mais n'a pas de mal à trouver le sommeil, étant donné son état de fatigue physique comme émotionnelle.
La fille se réveille au milieu de la nuit. La nuit est sans lune, elle n'y voit rien et commence a parler en Arabe. Elle réveille Reg, qui commence à parler en Espagnol, puis en Français. La fille a peur, mais commence à lui parler en anglais:
fille: Qui êtes-vous? Où sommes-nous?
Reg (qui ne peut que chuchotter): vous parlez bien anglais?
fille: oui
Reg: Je... (long silence) Je suis désolé pour vos parents, ils sont morts...
fille (en sanglots): Qui êtes-vous?!!!
Reg: Je m'appelle Reg, j'ai essayé de sauver vos parents... et je vous ai trouvée dans le camion... il fallait partir... alors j'ai continué ma route en vous portant le reste de la journée.
fille: Et les bandits?
Reg: Ils... (long silence) Je... Excusez-moi... quel est votre nom?
fille: Je m'appelle Djeninna...
Reg: Djeninna, je suis désolé mais... je... il serait préférable que nous dormions maintenant. Nous reparlerons de tout celà demain. N'ayez pas peur, je ne vous ferais pas de mal.
Reg se rallongea, Djeninna se cala contre lui. Alors qu'il allait s'endormir, il entendit encore une fois la faible voix de la petite fille: "Merci de m'avoir sauvé la vie".


La chaleur les réveilla le lendemain. Djeninna expliqua que ses parents se rendaient à Maradah, car c'était une des étapes de leur déménagement vers la Tunisie. Reg aurait été très embêté si Djeninna avait choisi de se rendre à Maradah comme prévu, parce qu'ils seraient alors repassés devant le camion, autour duquel se trouvaient certainement encore les cadavres des brigands. Mais Djeninna voulait rester avec Reg. Personne ne l'attendait à Maradah. Djeninna avait 11 ans, et était originaire de Jérusalem. Son père était palestinien, et sa mère israëlite. Ils avaient décidé de déménager à cause des tensions qui avaient repris entre les deux peuples après la guerre. La plupart de leur proches leur reprochaient leur liaison. Mais Djeninna avait laissé tous ses amis à Jérusalem, et voulait y retourner. Ils continuèrent donc leur route vers l'Est.
_________________
Je suis toujours de passage, qui veut que je reste doit prendre mon coeur...
Revenir en haut
Reg Mirkaos
L'elfe qui se confond avec le vent [Mod]
Inscrit le: 21 Nov 2003
Messages: 268
Localisation: Valbonne, Sophia-Antipolis, Cote d'Azur
Posté le: 31 Jan 2004 19:52    Sujet du message: chapitre 7

Note: une petite modification a été faite sur le chapitre 6. Il est donc recommandé de le relire avant de lire ce chapitre. ^_^°

Reg, l'elfe en mode "Gomen Nasaaaaaaaaaiii!"
^_^°

"J'ai fait aujourd'hui la connaissance d'un jeune homme aussi courageux que téméraire. Il était blessé, à bout de force. Je l'ai soigné et il m'a dit qu'il devait repartir. Je l'ai laissé s'en aller car son but était louable. Il a affronté tous les dangers du desert pour batir la tombe de sa mère."

Mohad Kalieff, touareg et médecin rattaché à "médecins sans frontières", journal des compléments aux dossiers médicaux des patients.


chapitre 7: au-delà de la tempète

Toujours le désert, ça n'en finissait pas. Les vivres manquaient bien que les gourdes soient bien remplies. Mais il fallait tout de même économiser. la route était encore longue et il ne fallait pas penser à la bonne odeur de la viande assaisonnée ou même du pain chaud, car elle contrastait trop avec le gout de sable, qui s'infiltrait partout, malgré toutes les précautions.

Reg et Djeninna avaient quitté Awjilah dans le tumulte d'une bagarre. Elle aurait pu mal tourner si Djeninna n'avait pas pris verbalement la défense de Reg, ralliant la moitié des hommes à sa cause. Certains voulaient venger leurs camarades morts à cause de Reg, ayant eu vent de ses exploits sur la route de Maradah. Mais d'autres ne l'entendaient pas de cette oreille. Djeninna les a vite convaincus que Reg était un justicier. Elle maniait très bien l'argumentation, et s'exprimait toujours avec assurance. Oui, Djeninna apparaissait souvent supérieure aux hommes avec qui elle discuttait, malgré son jeune age. Reg quant à lui avait maitrisé beaucoup de ses assaillants sans les blesser lors de cette soirée. Il était à l'aise dans un combat contre plusieurs personnes à la fois.

Jalu était une ville plus calme. Là, ils avaient pu se reposer, dormir pour la première fois dans un lit, et non dans cette petite tente qu'ils avaient gardée. Mais comme les autres nuits, la place pour dormir était étroite. Il n'y avait qu'un seul lit. Reg était très fatigué, car c'est lui qui portait tout l'équipement toute la journée et lui qui s'était battu. mais Reg voulut laisser le lit à Djeninna et dormir par terre. Djeninna se mit presque en colère, et commença à dire que ce n'était pas raisonnable, Reg avait vraiment besoin de dormir sur un lit reposant. Malgré celà Reg ne voulait pas que Djeninna dorme par terre. Finalement Djeninna dit qu'ils allaient faire comme dans la tente, et dormir l'un contre l'autre. Après tout, ça faisait une semaine qu'ils dormaient comme ça. Avant de s'endormir, ils discutèrent un peu.

Reg: ça va? Tu va bien dormir quand même?
Djeninna: oui bien sûr... Mais arrête de parler et dort maintenant.
Reg: ok, bonne nuit.
Il y eut un silence...
Djeninna: ... Reg...
Reg: Oui?
Djeninna: Tu dors pas?
Reg: J'y arrive pas... ça doit être à cause de la fenêtre.
Djeninna: On voit les étoiles... Moi non plus j'ai pas envie de dormir parce que je les trouve belles. J'ai envie de les regarder plutôt que de fermer les yeux...
Reg: Tu connais le nom des étoiles?
Djeninna: Non, pourquoi? Les étoiles t'ont-elles dit comment elles s'appelaient?
Reg: Les hommes ont donné des noms aux étoiles, voilà bien longtemps. Les amas d'étoiles forment ce qu'on appelle des constellations. Ce sont les Grecs qui leur ont donné le nom de personnages de leur mythologie. Regarde, Là c'est Orion. (il traca du doigt la constellation) Il est à agenouillé, le bras droit levé, son bras gauche porte un bouclier, et ça c'est sa ceinture.
Djeninna: c'est un guerrier?
Reg: Oui. Les Grecs disaient que les grands guerriers étaient représentés dans les étoiles après leur mort glorieuse.
Djeninna: Reg, quand tu mourras, tu iras dans les étoiles toi aussi? Tu es un grand guerrier...
Il y eut un silence...
Reg: En un sens j'y suis déjà. Mon nom est Regulus. C'est le nom d'une étoile.
Djeninna: Tu as une étoile qui te protège... C'est ton étoile...
Reg: Et toi, d'où vient ton nom?
Djeninna: Mon nom signifie "petit jardin"... Rien à voir avec les étoiles...
Reg: C'est un joli nom. Un petit jardin... On a envie d'en prendre soin...
Reg s'endormit en regardant les étoiles. Il n'entendit pas la dernière phrase de Djeninna qu'elle murmura doucement:
"J'aimerais que tu sois toujours là pour me protéger... Je m'en remets à ton étoile..."

Jalu était maintenant à des kilomètres derrière eux. Ils allaient d'oasis en oasis, de puits en puits. il fallait cependant trouver une ville ou un village, pour trouver de quoi manger. Leurs provisions étaient épuisées, car ils n'en avaient pas prévu assez. Sur cette route il n'y avait personne. Un véhicule aurait pu les prendre en autostop comme la veille pendant un moment. Malheureusement le camion de la veille s'était dérouté vers l'Ouest. Djeninna et Reg continuaient vers le Sud. Et aujourd'hui il n'y avait personne. Reg trouvait ça étrange. Mais bientôt il sut pourquoi. Au loin il aperçut se lever une tempète de sable.
Djeninna paniqua. Elle savait que cette tempète serait très violente, et elle se pensait perdue. Elle se blottit dans les bras de Reg, en lui demandant ce qu'il pouvait faire. Reg regarda aux alentours. Le vent commençait à se lever. il aperçut que celui-ci découvait des rochers vers le Nord. Mais c'était aussi de ce coté que venait la tempète. Il coururent se mettre à l'abri. le sable les frappaient violemment quand ils arrivèrent derrière les rochers. L'abri était bon, ils étaient tirés d'affaire. Mais le vent soufflait quand même sur eux, apportant du sable de tous les cotés. Reg couvrit Djeninna de tout son corps et essaya de sortir la toile de la tente pour se protéger lui-même. Finalement il y parveint et installa la toile autour d'eux. Il fallait tenir la toile à la main, elle menaçait de s'arracher. Ils restèrent un long moment comme ça dans la crainte que le hurlement du vent ne s'arrêterait jamais.
D'un coup il entendirent un bruit énorme, presque comme une explosion. Reg sentit qu'un débrit de quelque chose était tombé sur la toile. Il en conclut très vite ce qu'il se passait. Une voiture était venue s'encastrer sur le rocher, de l'autre coté. Reg réagit très vite. La première chose qu'il dit fut: "Djeninna, est-ce que tu peux tenir la toile toute seule un moment? Je vais voir ce qu'il se passe!"

Djeninna: Mais t'es malade? Tu vas pas sortir quand même!
Reg: Ne t'en fais pas pour moi. Tu peux tenir toute seule oui ou non?
Djeninna: Oui...

La toile était bien installée, et le sable commençait à s'accumuler par dessus grâce à l'abri qu'apportait le rocher. Bientôt elle tiendrait sans qu'on aie besoin de la tirer. Reg sortit habilement en laissant peu de sable passer en dessous de la toile. Le vent le frappa de plein fouet, chargé de sable. Il résista, puis se concentra pour faire appel à son sens du Yeelfer. Il connaissait le vent, mais pas le sable. Il apprit tout de même à maitriser les courants qui l'entouraient et avança bientôt à travers la tempète, lentement, déployant toute sa force. Il y avait bien une voiture. Il trouva aussi 2 hommes qui allaient finir noyés dans le sable qui en remplissait l'abitacle. Ils étaient pétrifiés, et ne savaient que faire. S'ils sortaient ils se faisaient emporter par le vent. Quand Reg arriva, l'un d'eux en le voyant, cria en Arabe "le Démon! Le démon vient sur nous! il va nous tuer!" Reg comprit ce qu'il disait, mais il ne se formalisa pas pour ça. il leur cria "sortez par la gauche et venez vers moi!" Les deux hommes hésitèrent, mais Reg leur cria vite "c'est un ordre!" et il s'executèrent. Ils furent surpris que le vent ne les emporte pas. Reg orienta le vent vers la voiture, et la fit bouger, puis de renverser de telle sorte à ce qu'ils aient un abris. Il découvrit en même temps l'étendue de ses possibilités, et s'étonnait même d'avoir atteint un tel niveau. Lorsque tous les 3 s'adossèrent au dessous de la voiture, qui était maintenant la face qui masquait le vent, Reg fut pris d'un étourdissement, et s'évanouit. La voiture était un bien meilleur abris que le rocher.

Quand Reg se réveilla, il ne savait pas très bien où il était. Le vent était complètement tombé. Les deux hommes s'agitèrent autour de lui poour se mettre à genoux et se prosterner devant lui pour le remercier de les avoir laissés en vie. Reg se leva trop vite. Il pensait à djeninna qui était restée derrière le rocher, à quelques mètres de là. Il tituba, et demanda "depuis combien de temps la tempète est-elle terminée?". Les hommes répondirent que ça faisait bien une demie heure. Reg s'avança alors vers l'abri de Djeninna. Il y trouva la toile, quelques unes de ses affaires, mais Djeninna n'était plus là. il trouva facilement des traces de pas. Ce ne pouvait pas être celles de Djeninna. Il se tourna vers les 2 hommes, suspectant quelque chose. l'un d'eux réagit immédiatement, et lui explica tout. Ils étaient 3 dans la voiture quand la tempète avait commencé. Le 3e homme était sorti juste avant que Reg n'arrive. Il était évident qu'il avait contourné le rocher par l'autre coté. Reg ne l'avait pas vu. Maintenant il avait enlevé Djeninna. l'homme explica aussi que c'était ce ravisseur qui les avait emmenés jusqu'ici, en les convainquant qu'il fallait venger l'assassinat de leurs compagnons en tuant le démon du désert.

Il rejoignirent ensemble la route, suivant les traces de pas. Là il trouvèrent le troisième homme, qui avait attaché et baillonné Djeninna avec des morceaux de tissu. Il les attendait. C'était le rescapé de la tuerie près de Maradah. Il Proposait la route comme terrain pour un duel à l'épée. Celle-ci n'était pas trop recouverte de sable. Reg dégaina son épée, et s'avança vers la route, en retirant son keffieh d'un seul coup. Il sentait une colère énorme monter en lui. ils commencèrent le duel. Après un court échange à l'épée, Reg mit un coup de genou dans le ventre de son adversaire et le fit valdinguer en enchainant par un coup de pied. L'homme tomba à terre près de Djeninna, et la prit en otage, en demandant aux 2 autres de tuer Reg. Les deux autres hommes refusèrent d'obéir à cet ordre. Profitant de la surprise de son adversaire, Reg lui envoya son épée dans la tête. Son adversaire prit le pommeau sur le front, et lacha Djeninna, qui courrut aussitôt vers Reg après l'avoir mordu à la main gauche jusqu'au sang. Reg n'eut pas le temps d'enlever le baillon de Djeninna. L'homme en face de lui s'était relevé, et proférait des injures, envers lui, et envers Djeninna.
Le sang de Reg ne fit qu'un tour. Il demanda à Djeninna de s'éloigner. Le brigand attendait qu'il charge, continuant à le provoquer.

"Tu ne mérites pas que je vienne t'attaquer.", dit Reg, "Je vais t'attaquer à distance. Regarde bien, ceci est mon coup le plus puissant. Je l'ai appelé la déchirure sonique!"

Le brigand ne croyait pas qu'une telle chose puisse exister. Il continuait à insulter Reg, en pensant que son histoire d'attaque à distance n'était que du bluff. Mais il vit le sable s'agiter et s'élever lentement autour de lui. Puis le vent se leva progressivement entre lui et Reg. Il ne comprit pas ce qui se passait. Le vent fut rapidement plus violent, et quand il atteint sa puissance maximale, Reg bougea les mains envoyant une implusion sèche vers l'avant. En même temps il cria. Le son était aigu, et d'un seul coup c'est comme si la masse d'air en mouvement se déchirait en de multiples lames plus fines que des lames de rasoir. Elles furent des milliers à traverser le corps du brigand, faisant gicler le sang de tous les cotés. Son corps s'étendit mort, comme coupé en des nombreux endroits, toujours dans la même direction par de nombreuses lames de rasoir. Mais les lames de vent n'avaient pas fini leur chemin. Elles reveinrent toutes attenuées vers Reg. Il les prit toutes dans les mains. C'était comme si une multitude de minuscules aiguilles transperçait ses mains. Reg cria de douleur, les mains en avant. il tomba à genoux et s'évanouit, ayant dépassé le seuil de douleur.

Beaucoup plus tard, Reg s'éveilla. Il était dans une tente de touareg. La nuit était tombée, et une faible lueur émanait d'une l'ampe à huile. Ses mains étaient habilement bandées. Il s'endormit tranquilement. Le lendemain il apprit que les 2 hommes l'avaient aidé à s'en sortir. Ils avaient rencontré des touaregs et avaient inventé une histoire pour expliquer la mort du brigand et les blessures de Reg. L'un des touaregs était médecin. Reg mangea enfin. Après un jour entier de repos, Djeninna et lui reprirent la route, même si le médecin aurait voulu qu'il reste un peu plus longtemps. Un camion qui se rendait en Egypte accepta de les emmener sur la route qui menait à l'Est.

Après avoir été déposés sur la route, il repartirent vers le Nord. Enfin, ils arrivèrent au but que Reg avait fixé pour son voyage. Ils se trouvaient sur le point précis, l'endroit indiqué par les coordonnées de l'appareil GPS, qui commençait à prendre le sable.

Reg: Voilà Djeninna, c'est ici que je suis né, et c'est ici que ma mère est morte.
Djeninna: Mais... Il n'y a rien ici! Et puis où est enterrée ta mère?
Reg: C'est vrai, je ne t'ai pas expliqué. Je suis né là-haut, dans l'espace, au-dessus de ce point. Ma mère n'a jamais pu fouler cette Terre de ses pieds.
Djeninna: Tu étais dans l'espace quand tu es né?
Reg: Oui, tu te souviens, je t'ai expliqué que les elfes habitaient sur un satellite de Saturne. Ma mère venait de là-bas.
Djeninna: Mais maintenant, où est enterré ta mère?
Reg: Elle n'a pas eu de sépulture... Je suis ici pour lui en donner une.
Djeninna: Mais tu ne peux pas faire comme pour mes parents, son corps n'est pas ici...
Reg: Ca ne sera pas tout à fait pareil, c'est vrai... Mais j'ai appris qu'il fallait honorer la mémoire des morts. Même si je ne peux pas savoir où est ma mère en ce moment, je veux que ce monde garde une trace, et se souvienne qu'elle a existé. J'ai choisi que ce serait ici, parce que c'est ici que j'ai commencé à vivre. Je suis aussi ici pour lui montrer que moi aussi je peux affronter la vie courageusement comme elle l'a fait.

Reg prit un panneau en bois qui se trouvait dans son sac depuis le début de son voayge. Il y grava les mots qu'il préparait depuis longtemps, en Français, en Anglais, et en Espagnol. Djeninna les traduit en Arabe:
"Regardez en haut, c'est là qu'est décédée Eve Alfiran-Mirkaos, en mettant au monde son fils Regulus. Que son âme repose en paix."

Une fois le panneau solidement installé avec un monticule de pierres, Reg dit une prière chrétienne et Djeninna dit aussi une prière juive et une prière musulmane. Puis après une certaine hésitation, Reg regarda Djeninna et dit "ma quête est achevée maintenant, mais je sens que quelque chose n'est pas fini. Au contraire, j'ai l'impression que quelque chose de nouveau va commencer."

Djeninna: Reg, tu viendras avec moi jusqu'à Jérusalem n'est-ce pas?
Reg: Bien sûr. Je ne peux pas t'abandonner. Allons ensemble à Jérusalem.

Djeninna se jetta dans les bras de Reg. Après un moment ils repartirent vers la route, il prirent la direction de l'Est. Ils allaient traverser l'Egypte.
_________________
Je suis toujours de passage, qui veut que je reste doit prendre mon coeur...
Revenir en haut
Reg Mirkaos
L'elfe qui se confond avec le vent [Mod]
Inscrit le: 21 Nov 2003
Messages: 268
Localisation: Valbonne, Sophia-Antipolis, Cote d'Azur
Posté le: 07 Fév 2004 0:12    Sujet du message: chapitre 8

"Reg Mirkaos est un homme qui m'a donné une vision plus souple de la vie. Avant j'étais seulement quelqu'un de droit qui cherchait la justice par métier. Je pensais être du coté du bien, mais lui suivait son propre chemin avec sincérité et générosité, où qu'il aille, et quelque soient ses rencontres. Grace à lui j'ai compris la différence entre redresseur de torts et justicier."

Markos, bretteur et redresseur de torts mandaté par le gouvernement Egyptien.


chapitre 8: justice?


Reg se sentait mal aujourd'hui. Le soleil frappait plus fort que jamais. Quel jour était-on? Combien de temps s'était-il passé depuis son départ de Tilliec? 2 mois? 3 mois? Non, pas autant, ce n'était pas possible. On devait être au milieu du mois de novembre. Alors pourquoi faisait-il aussi chaud? Pourquoi l'air était-il aussi sec. Reg faiblissait et il le savait. Il l'avait dit à Djeninna. Elle semblait bien portante, et se proposa pour porter une partie des affaires de Reg. Elle prit son sac et les gourde, Reg gardait la tente. Il sentait le soleil frapper à travers son keffieh. Il fallait tenir jusqu'à l'oasis de Farafra. Là ils trouveraient surement quelqu'un. Comme partout jusqu'à présent, tout les petits villages qu'ils avaient trouvés étaient déserts. Ils les avaient traversés tels des fantômes, sans presque aucun bruit, aucune parole.

Malgré Djeninna à ses coté, Reg se sentit absorbé par le silence, et repensait à ce qu'il s'était passé il y avait maintenant 5 jours. Encore un homme, sous le coup de sa colère, était mort par sa faute... Mais cette fois-ci, c'était différent. Il se souvenait. Il se souvenait les gestes qu'il avait faits, les paroles qu'il avait prononcées, et cette douleur sur ses mains. Parce qu'il avait osé s'en prendre à Djeninna, cet homme était mort. Reg ne savait plus où il en était. Il se rendait compte qu'il avait commis une faute, mais il ne savait pas comment il aurait pu l'éviter. C'était fait, il l'avait fait, il ne pouvait plus revenir en arrière. Et dans ce désert trop chaud et trop sec, il sentait plus de douleur morale que physique. Mais Djeninna, qu'en pensait-elle? Etait-elle de son coté parce qu'elle estimait que c'était un moindre mal? Trouvait-elle juste que ce brigand ait été tué? Est-ce elle qui l'avait poussé à tuer, en appelant le sang par sa morsure? Non! C'en était trop! Pourquoi d'un seul coup ce raz de marrée de pensées inconcevables?

Djeninna: Reg, ça va?
Reg, se retournant: Djeninna, je...suis... désolé.

Reg voulut crier de douleur, il émit le début d'un son qui mourrut dans le silence de l'étendue désertique. En se retournant il avait vu Djeninna à contre jour un instant, et le soleil avait frappé ses yeux de plein fouet. Le mélange de ses larmes mortes-nées et le sable coincé dans ses cils s'étai presque instantanément embrasé. Il tomba a genoux et porta les mains sur son visage pour couvrir ses yeux qui le faisaient terriblement souffrir. Il n'osait pas les toucher avec ses mains sales, de peur d'agraver le mal. Il tomba sur le coté. Djeninna restait abasourdie, surtout quand elle vit que Reg sanglottait. Elle se mit à genoux et se pencha sur la tête de Reg. Elle commença a paniquer.

Djeninna: Reg, qu'est-ce qui t'arrive? Répond moi! Reg! Je t'en prie, dit quelque chose!
Reg: De l'eau... s'il-te-plait...

Djeninna sortit une et la porta rapidement son gouleau à la bouche de Reg. Reg sentit l'eau sur ses lèvres et aussitôt prit la gourde à la main, empèchant l'eau de couler plus.

Reg: Tu as un mouchoir propre?
Djeninna: Pourquoi?
Reg: Il faut qui je m'essuie le visage.

Par chance, djeninna avait un mouchoir de tissu dans une de ses poches. Reg l'imbiba d'eau et le passa sur ses yeux. Il but ensuite un peu d'eau, puis se releva péniblement. Djeninna ne comprenait pas, et tourna autour de lui pour lui faire face.

Djeninna: Reg, dis-moi! Qu'est-ce qui t'arrive?
Reg: Djeninna, tu es devant moi?
Djeninna: Quoi? Mais bien sûr que je suis devant toi, c'est quoi cette question?
Reg: Je ne te vois pas... Je ne vois plus rien.
Djeninna: Tu es aveugle?
Reg: J'ai senti mes yeux me bruler, et maintenant je ne vois plus rien.
Djeninna: Ce n'est pas possible, tes yeux ont l'air normaux. Dis-moi que c'est pas vrai, tu ne vois vraiment plus rien?
Reg: Plus rien. C'est le noir total...


Djeninna se blottit contre Reg, et commença à pleurer. Reg était débout mais restait sous le choc.

Djeninna: Pourquoi? Pourquoi ça t'est arrivé?
Reg: Pour me punir peut-être d'avoir tué ces gens...
Djeninna: Non, c'est pas vrai! Eux il méritaient de mourir! Ils ont tué mes parents! C'est eux les méchants! Tu as bien fait de les tuer! Moi si j'avais été aussi forte que toi, je les aurais tués moi-même!
Reg: Mais si eux ils avaient tué parce qu'ils sont perdus sur les chemins? Tu ne les connaissais pas. Peut-être que comme toi ils cherchaient à retourner à un endroit qui leur était cher. Peut-être qu'eux non plus ils n'avaient plus de parents. Toi tu serais prête à tuer pour retourner chez toi, et moi j'ai tué. Eux aussi ils cherchaient à s'en sortir, pour aller quelque part où ils seraient mieux. En quoi serions-mous différents d'eux?
Djeninna: Je... mais non! Mais non! Nous sommes différents d'eux!
Reg: Pas moi en tout cas. Quand j'ai vu ces hommes qui entouraient tes parents du haut de la dune, je leur ai fait peur surement. Ils... Ils ont agit ainsi parce qu'ils m'ont vu, je crois... Je veux dire... Je suis désolé Djeninna... Si je n'avais pas été là, peut-être qu'ils n'auraient pas tué tes parents... Je suis désolé... Je suis désolé... Depuis le début, je me sens coupable... Je veux arrêter tout ça tu comprends? Ca ne sert à rien de vouloir tuer...

Djeninna repoussa violemment Reg, en le faisant tomber assis par terre. Elle se retourna et tomba à quattre pattes, effondrée par ce qu'elle venait d'entendre. Elle mit ses mains autour de sa tête et resta ainsi en boule à sanglotter. Reg ne bougeait pas. Il avait l'impression de ne plus respirer. Il ne savait que faire pour Djeninna. Il était conscient de l'avoir profondément blessé. Ils restèrent ainsi un moment. Puis Reg commença à se relever. A ce moment là Djeninna se releva d'un coup, lacha tout ce qu'elle transportait excepté ses effets personnels et les gourdes, puis commença à marcher à vive allure. Reg l'entendit s'éloigner, sans pouvoir prononcer un mot. Il fouilla le sol pour récupérer toutes les affaires, et il se remit lentement en route.

Reg marcha lentement, seul, cherchant ses pas sans voir où il posait les pieds. Il ne pensa plus qu'à avancer. Il ne voulait plus penser à autre chose. Il se souveint de ce que lui avait dit son maitre. "Ne cesse jamais d'apprendre. Quand tu es arrêté, quand tu es en mouvement, tu dois continuellement tenter d'élargir ta perception du monde." Reg avançait. Comme ses pas continuait il apprenait. Il sentait les cailloux et le sable sous ses pieds, il entendait le bruit à peine perceptible des graviers qui se contractent à nouveau alors que la température baissait. Il gagna un peu d'assurance et ne quittait plus la route. Qu'importait le temps, il avançait. Il ne sentait pas la fatigue, ni la faim, ni la soif, il avançait. Il sentit une odeur différente. Elle était faible, mais il l'avait sentit, il en était sûr. D'un coup il entendit quelque chose s'approcher de lui. Il continua à avancer. C'étaient les pas de deux dromadaires. il y avait un homme sur celui qui était en tête. Reg s'arrêta. Il releva la tête, et essaya d'ouvrir les yeux. Toujours le noir. Mais il entendu une voix lui demander en Arabe "Es-tu Reg Mirkaos?" Il répondit juste "aywa". L'homme lui demanda de charger tout son matériel sur le 2e dromadaire. Voyant l'hésitation de Reg il répéta sa prhase dans un Anglais approximatif. Reg ne bougea pas mais dit "Je ne peux pas voir le dromadaire, je suis devenu aveugle". L'homme descendit de son dromadaire, et regardait Reg. Reg avait les yeux fixes, sans vie. "Dans ce cas je vais t'aider" dit l'homme en posant sa main sur l'épaule de Reg. A peine l'avait-il touché que Reg tomba à la renverse.

----------

Farafra... Une oasis éloignée de tout, mais d'une beauté rare. Les maisons bleues du village, le corail multi-millénaire du désert, qui ateste la présence de la mer en ce lieu où la nuit, les étoiles dans le ciel sont les alliées des voyageurs qui l'ont enfin trouvée. Djeninna est arrivée seule dans ce lieu magique, exténué par une marche trop rapide sous le soleil. Les bedouins l'ont recueillie elle les avait prévenus que Reg se trouvait encore sur la route. Depuis elle se repose. Elle a appris l'arrivée de Reg, mais ne veut pas aller le voir. Reg est resté seul jusqu'à ce qu'il aille mieux. La vie s'écoule lentement ici, et c'est ce qu'il y a de mieux pour se reposer un temps. Reg est aveugle depuis maintenant 3 jours et a demandé à un bédouin comment est ce lieu où il se trouve. Lorsqu'il apprend à quel point le paysage y est merveilleux, il a cette phrase: "Dommage, j'avais presque réussi à arriver au Paradis..."

Ce soir là il décide de marcher seul dans le village. Peut-être rendre visite à Djeninna qui se trouve dans une des maisons voisines... Mais comment la trouverait-il? Et puis était-elle toujours fachée? C'est stupide, mais Reg ne tient pas en place, il faut aller quelque part maintenant, et pas à un autre moment. Il n'a pas pris de baton pour marcher à l'aveugle. Il ne sait rien de la configuration du village. Pourtant il est résolu à marcher hors de cette pièce qu'il n'a pas quitté depuis 3 jours. La température est plus fraiche, et il sort vêtu de son pantalon et son t-shirt noir. le soleil est tout juste couché. Aucun bruit, la rue est déserte. Mais dans quel sens est-elle? Reg sort après avoir trouvé la porte, et avance de 3 pas. Sans sa vue, il essaye de savoir ce qu'il y a autour de lui. il décide d'aller à gauche. Il avance lentement. Après un temps qui lui parrait très long, son bras gauche effleure un mur. S'il a marché dans un rue droite, il a donc déviré sur la gauche. Il décide d'aller à droite, toujours décidé, même s'il ne sait pas bien où il va, ni comment revenir. Avançant tout droit, toujours à la même vitesse, il manque de tomber en heurtant les marches d'un escalier. Il le gravit. Il n'est pas long. 7 marches. Un mur en face. Non, là sur la gauche, une petite porte en bois. Elle s'ouvre. Reg se cogne la tête sur le montant. La porte est trop basse. A l'intérieur c'est vide. Ses pas résonnent. Il y a du carelage. Reg ne réfléchit plus. Il se sent aspiré par cet endroit dont il ne sait rien à part ces quelques impressions. Mais est-ce si important? Non, il y a aussi cette impression d'une lumière soudaine qui éclaire son visage. Et ça c'est important. Qu'est-ce que c'est? D'un seul coup Reg se sent engourdi, et il tombe au ralenti, endormi. Il rêve...

Une heure plus tard, il est toujours étendu sur le ventre. Quelqu'un entre, et vient le réveiller. "Eh, petit, réveille-toi. Réveille-toi."

Reg: Qui... Qui êtes-vous?
prêtre: Je suis le prêtre de cette église, pourquoi dors-tu ici? Et puis comment es-tu arrivé?
Reg: Je suis dans une église? Je ne savais pas qu'il y en avait une ici...
prêtre: bienvenue dans la maison de Dieu mon fils! Ici c'est une église copte. Mais est-ce que tu crois en Dieu?
Reg: Je crois que j'ai été guidé jusqu'ici... Oui c'est ça... Et il m'a dit... il m'a dit...
prêtre: Tu as entendu Sa voix? Parle mon fils, quelle est la volonté du Seigneur?
Reg: Je... Je n'arrive pas n'arrive pas à exprimer ce que j'ai vu en songe.
prêtre: Les gens du village m'ont dit que tu était aveugle. Relevons-nous, et viens t'assoir avec moi sur un banc.

Une fois assis sur le banc, le prêtre fait une prière et bénit Reg en lui imposant les mains. Puis il reprend: "Toi qui a vu les desseins du Seigneur, puisses-tu témoigner de ce que tu as vu, et voir comme tu as vu."
A ce moment là, Reg sent ses yeux le démanger un peu, et il cligne des yeux plusieurs fois. De petites coquilles blanches tombent de ses yeux. Il réalise alors qu'il voit à nouveau. le prêtre en face de lui sourit. Il semble vieux avec sa barbe blance qui n'est pas très épaisse mais plutôt volumineuse. Pourtant son visage n'est pas très ridé. Ses seules rides sont celles d'un homme qui est heureux. Ce soir là Reg peux enfin revoir les étoiles, comme si c'était la première fois. Il en reste alors toute la nuit éveillé, comptant les étoiles filantes, et dansant dans la musique que se lieu dégage de lui-même.

Le lendemain, il dort presque tout le jour. Vers 16 heures il se lève enfin. Un bedouin l'attend dehors. Il lui dit de rester à l'intérieur, et qu'il va prévenir tout le village qu'il est réveillé. Tout le village vient ensuite à lui. Reg ne sait plus où donner de la tête. Tous veulent savoir ce que Dieu lui a dit en songe, savoir s'il est un prophète, savoir ce qu'il va faire à présent. Mais avant qu'il ne puisse dire un mot, il remarque Djeninna dans cette foule. Il ne peut alors plus la quitter du regard. Timidement, elle s'avance alors vers lui. Les gens la laissent passer. Djeninna baisse les yeux, et d'une petite voix émue commence à parler:

Djeninna: Reg, je voulais te demander pardon. Je t'ai laissé seul dans le désert, tout seul et aveugle. Je veux m'excuser depuis que nous sommes ici, et je n'y arrive pas. Même aujourd'hui j'ai failli venir plusieurs fois. Je suis même venu, mais tu étais endormi. Et voilà, maintenant tu n'es plus aveugle et je suis toujours désolée...
Reg: Djeninna... moi aussi je suis désolé pour toutes ces épreuves que tu as subites par ma faute.
Djeninna: Oh, ce n'est rien. Tu n'as pas à être désolé...
Reg: Toi non plus, je ne t'en veux pas. Tu as même abrégé mon voyage en envoyant quelqu'un me chercher. Et pendant tout le temps que je suis resté aveugle, on m'a guidé. Tu ne peux pas dire que tu n'arrives pas à t'excuser, puisque c'est ce que tu viens de faire. Maintenant nous pouvons repartir ensemble, qu'est-ce que tu en dis?
Djeninna: Oui! On reprend comme avant?
Un homme de la foule: Vous partez? Mais pour aller où? Et toi, n'as-tu rien à nous dire?
Reg: Euh... Et bien tout d'abord Je vous remercie tous, pour votre aide, pour votre hospitalité. Ici Vous êtes en paix car ce lieu inspire la paix. J'ai pardonné, on m'a pardonné. Vous aussi quelque soit le mal qu'on vous fasse subir, vous pouvez pardonner, je pense. Quant à moi, j'ai une mission depuis le début, et parce que maintenant je connais le pardon, je peux la mener à bien. J'emmènerai Djeninna à Jérusalem!

Reg et Djeninna repartirent le lendemain. Il prirent la route d'El-Bawiti, celle qui menait au Caire. Pour la première fois depuis les début du voyage, ils avaient tous les deux le sourire aux lèvres. Le désert était plus beau ainsi, et la chaleur ne brûlait pas leur tête.

----------


Alors qu'ils avançaient bien sur la route, il rencontrèrent un homme sur un chameau qui arrivait en sens inverse. il était assez grand et avait une carrure imposante. Il était vêtu d'une cape courte qui suffisait à peine à couvrir ses bras. Par dessus son T-shirt marron clair, ample et sans manches, il y avait 2 lanières de cuir qui se croisaient. au centre, en face du plexus solaire, les 2 lanières se rejoignaient en un rond de cuir, où apparaissait le drapeau Egyptien. Son pantalon en toile était large et raide, se terminant juste au-dessus des chevilles. Ses chaussures ressemblaient à des sandales, mais n'en étaient pas. Une épée pendait à son coté gauche. Dès qu'il aperçut Djeninna et Reg, il s'arrêta et descendit de son chameau. Il les regarda d'un œil perçant. Ses yeux étaient verts foncé, s'approchant du marron. Il était tête nue, et semblait y être habitué. Il avait les cheveux frisés, une petite moustache et un début de barbe impeccablement taillé au menton. Reg face à ce regard, s'arrêta de marcher. Environ dix mètres les séparaient. Djeninna ne comprenait pas pourquoi Reg s'était arrêté face à ce voyageur. L'homme se mit à parler d'une voix:

Markos: Je me nomme Markos, êtes-vous Reg Mirkaos?
Reg: C'est moi... Que me voulez-vous?
Markos: J'arrive du Caire, mandaté par le gouvernement Egyptien, et sur demande des autorités Libyennes. On m'a demandé d'arrêter le "demon du désert", Reg Mirkaos. Je suis un redresseur de tort. Je n'appartient pas à la police égyptienne, mais on m'a donné le droit de te provoquer en duel si tu n'acceptes pas de te rendre.
Djeninna: Refuse de te rendre et bats toi contre lui Reg. Après nous continuerons notre route!
Reg: Je n'ai pas envie de me battre contre lui.
Markos: Refuserais-tu le duel, Reg Mirkaos?
Reg: Que m'arriverait-il si je me rendais?
Markos: Tu serais emprisonné au Caire, et pour longtemps, avant d'être extradé en Libye pour y être jugé et condamné.
Djeninna: Ne te rend pas Reg, tu ne peux pas faire ça! Tu m'as fait une promesse, tu te souviens.
Il y eut un temps de silence.
Markos: Que décides-tu, démon du désert?
Reg: Je ne peux pas me rendre.
Markos: Tu devras donc m'affronter dans un duel à mort.
Reg: Il n'en est pas question. Je ne veux pas me battre. Je ne veux pas que tu me tues, ni que je te tue non plus.
Markos: Telle est pourtant la justice. Tes crimes doivent être punis.
Reg: Si en me punissant tu me tues, qui puniera le crime que tu auras commis?
Markos: J'aurais tué pour la justice, je serais donc excusé par mon pays.
Djeninna: Mais pas par moi!
Reg: Djeninna, laisse-moi discuter cette fois!
Markos: De quoi veux-tu discuter? Tu as une épée, nous nous battrons à l'épée.
Reg: Ecoute-moi bien Markos. Si j'avais moi aussi tué pour la justice, serais-je libre?
Markos: Oui, mais personne ne t'a donné l'autorisation de tuer pour la justice.
Reg: Que vaut une autorisation si elle responsable de l'execussion des condamnés? Chercherais-tu à répendre la mort?
Markos: Je te donne le choix de te rendre. De plus notre combat sera équitable. Tu ne peux pas dire que je ne suis pas juste avec toi.
Reg: Je ne suis pas d'accord avec cette idée. Tu m'appelles "démon", et peut-être que je le suis, mais j'ai décidé de ne plus donner la mort parce que j'ai appris qu'il n'était pas nécessaire de tuer. Je pense que tu te trompes de justice en choisissant celle qui punit aveuglément.
Markos: Si tu n'as pas compris ce qu'était la justice, je t'en excuse, mais trève de bavardages, puisque tu ne veux pas te rendre, voyons si tu manies aussi bien l'épée que le verbe!
Reg hésita un instant.
Reg: Où nous battrons-nous?
Djeninna: Alors tu acceptes son duel finalement? Mais si tu ne veux pas qu'il y ait de mort?
Markos: allons sur le coté de la route.

Djeninna semblait inquiète, alors Reg lui fit un clin d'œil furtivement. Le vent se leva, et resta constant. 5 mètres séparaient maintenant les 2 combattants, face à face. Reg n'avait aucune notion d'escrime, et à voir comment Markos venait de dégainer son épée, c'était à tous les coups quelqu'un de très expérimenté. Il décida de commencer par du bluff.

Reg: Ta justice ne marche que si tu es sûr de toi. Tu es sûr que tu peux me battre.
Markos: Je sais que tu seras un adversaire redoutable, car on t'appelle "démon du désert".

Markos s'attendait donc à un bon niveau, mais il était sur ses gardes. Ils se mirent en garde. Reg écoutait le vent, pour sentir le bon moment. Et ce moment arriva. Le vent souleva le sable sur sa gauche, et d'un geste murement préparé, il se défit en un clin d'œil de son vêtement.Markos pensa qu'il voulait s'en servir comme bouclier, ou pour le désarmer. Le vêtement flotta au vent esquissant un geste vers Markos. Il se fendit pour le transpercer. Mais à ce moment là son épée lui échappa brutalement des mains. Il resta ainsi un moment, tellement il était surpris.
Reg était sur son coté droit, agenouillé, presque derrière lui. Il avait profité du sable pour rouler à terre sans se faire voir et donner un coup derrière le pommeau de son adversaire d'un revers de son épée. Markos s'agenouilla en signe de réddition, pendant que Reg se relevait, son épée pointée vers lui.

Markos: Je t'autorise à me donner le coup de grâce. La loi autorise les gens à tuer un redresseur de torts comme moi, tu ne seras pas poursuivi pour ça.
Reg: Markos, regarde bien cette épée qui te tient en respect. Elle ne coupe pas. C'est à peine si elle est pointue au bout. Dans le village d'où je viens elle est le symbole de la paix. On me nomme guerrier, mais l'arme que je porte n'a pas pour but de tuer. Et comme je te l'ai déjà dit, j'ai pris la décision ferme de ne plus tuer. Même si tu me le demande, cette épée que je porte n'a jamais tué personne, et je ne pense pas qu'elle le fasse un jour. Te laisser en vie, là est la véritable justice!
Markos: Aujourd'hui j'ai perdu doublement, Reg Mirkaos. En combat comme en parole. Et si tu as un peu triché en combat, tu ne l'as pas fait en parole. Je crois que tu es sincère quand tu dis que tu ne tueras plus. Je pense qu'il n'est pas justifié de te donner le nom de "démon", même si j'en sais peu sur toi.
Reg: Relève-toi, et repartons ensemble vers El-Bawiti.

La route qui suivit fut la meilleure partie du voyage depuis longtemps. Djeninna et Reg avaient maintenant un nouveau compagnon qui allait les accompagner durant toute la route qu'il restait jusqu'à Jérusalem. Markos connaissait bien le désert, et pouvait solliciter de l'aide de la part des populations locales. Le voyage fut ainsi plus court, à dos de Chameau, puis en camion, puis à nouveau à dos de chameau, et enfin à pied pour la dernière partie. Le soir de ces journées de route, ils allumaient un feu, et chantaient des chansons. Le jour Djeninna n'arrêtait pas de se disputer avec Markos pour des sujets futiles, Reg au milieu de ça ne savait pas vraiment où donner de la tête, mais était heureux, heureux que ce soleil qui s'inclinait toujours plus à l'horizon pour annoncer l'hiver, soit devenu clément avec lui, rendant les journées plus supportables après ces jours de chaleur étouffante. Enfin, tout allait pour le mieux.
_________________
Je suis toujours de passage, qui veut que je reste doit prendre mon coeur...
Revenir en haut
Reg Mirkaos
L'elfe qui se confond avec le vent [Mod]
Inscrit le: 21 Nov 2003
Messages: 268
Localisation: Valbonne, Sophia-Antipolis, Cote d'Azur
Posté le: 24 Mar 2004 19:17    Sujet du message: chapitre 9

Note préliminaire: je prends dans ce chapitre la décision de parler d'un sujet qui fache: le conflit israëlo-palestinien. Malgré les circonstances actuelles, je dois souligner que l'écriture de ce chapitre était prévue depuis très longtemps, et que je n'ai reçu aucune motivation extrieure pour l'écrire. Enfin, je tiens à souligner que cette histoire est avant tout fictive, et n'a en aucun cas pour but la dénonciation, ni la prise de position vis-à-vis de tel ou tel groupe ou groupuscule, religieux ou politique. Ces différentes organisations sont d'ailleurs absentes du récit, et l'interprétation du conflit que je donne est tout à fait anachronique, sinon fausse, comparée à la situation actuelle. Je raconte ici simplement une histoire dans laquelle je laisse s'exprimer ma sensibilité et prend la liberté d'exprimer des idées, à propos de choses que je connais très mal, mais par lesquelles je me sens concerné malgré tout.

"J'ai toujours vu Reg ne faire que le bien. On savait qu'il était un grand combattant, plus fort que quiconque dans ce pays, et on avait peur de lui. Pourtant ici je ne l'ai jamais vu blesser quelqu'un avant qu'il n'ait esquivé tant qu'il pouvait. Il a encore moins tué. Il était aussi intouchable en parole grâce à Djeninna. Plus calme qu'elle, mais animé du même élan vers la paix. Les ennemis de la paix ont utilisé tous les moyens contre lui, et ils ont perdu. Mais le prix à payer..."

Samir Algebir, jardinier-paysagiste du mur des lamentations, mémoires.



chapitre 9: un baiser au goût de sang.


Jérusalem était toujours aussi agitée. Les marchés animés faisaient toujours un bruit de fond, les enfants jouaient dans les rues, les femmes arabes discuttaient entre elles avec véhémence, et force d'arguments. De l'autre coté du mur, l'ambiance était similaire, les gens tout aussi affairés, suivant aussi un plan de rénovation de la ville. Sur les plus hauts toits, on voyait fleurir les panneaux solaires. Les gens avaient des fleurs sur leur balcon. Des ballons accrochés à une porte, ici, annonçait l'anniversaire d'un enfant.
Une pierre fut jetée. Puis deux. Puis ce fut la pluie. Les militaires ne portaient plus de Kalachnikov, ni aucune arme à feu. Les explosifs n'existaient plus en ces lieux non plus. Mais on se battait toujours. Parce que l'autre avait volé son pays, parce que l'autre avait fait du tort au siens. Des pierres, des batons, des couteaux parfois. Toujours des morts. De nombreux blessés. L'entre-aide tacite de la guerre était presque oubliée, avec le nombre d'incidents violents par semaine, heurs entre groupes armés, enlèvements d'enfants, ou destructions d'habitations. Les institutions politiques ou religieuses n'avaient pas le contrôle de cette situation. Jérusalem était toujours Jérusalem. Pourtant le développement continuait, comme si celà avait été tout autre chose.

Markos était reparti pour l'Egypte après un court séjour dans la ville trois fois sainte. Ces jours étaient paisibles, sans incident majeur. Djeninna avait retrouvé le cousin de son père, qui acceptait de la loger, et de loger Reg aussi. Cet homme s'appelait Samir Algebir. Il n'était pas marié. Reg voulait connaitre la ville et visiter le plus possible. Quand il était arrivé ici il s'était d'abord demandé si son voyage n'était pas terminé, mais ne sachant que faire il restait pour profiter de la vie qui était plutôt agréable dans cette ville. Il apprit cependant bien vite ce qu'il se passait à Jérusalem. Certaines personnes méprisaient Djéninna parce que sa mère était juive, les bruits d'affrontements s'entendaient au loin, et il y avait toujours une certaine tension sur les visages.

Un jour sur le marché, un palestinien tira un couteau et blessa une personne au bras, puis une autre à la jambe. Reg passait parce qu'il prenait une pause pour son déjeuner. Il travaillait en tant qu'ouvrier dans le batiment. Quand il vit l'agitation dans la foule, il ne tarda pas à trouver l'homme qui en était responsable. Il courrut vers lui, et le désarma instantannément. La foule autour d'eux se disperça, y compris les blessés qui furent pris en charge. Reg voulu mettre à terre l'homme qu'il tenait toujours, et essayait de calmer. Mais une pierre l'atteignit et fit tomber son casque, révèlant ses longs cheveux noirs. Lorsqu'il se retourna pour voir d'où elle provenait, d'autres arrivèrent. Il projetta l'homme vers l'arrière en évitant la lapidation qui se faisait plus intense. L'homme s'en fuit à toutes jambes après s'est relevé rapidement. Reg se retrouva alors seul à éviter et dévier les pierres qu'il pouvait. Profitant du choc des pierres entre elles, il appela le vent à souffler une bourasque dans toute la foule. Les lanceurs de pierres s'arrêtèrent sous l'effet de la surprise. Un homme tenait debout face à la lapidation, et leur envoyait une réponse, chose tellement inconcevable, que le silence fut total quelques secondes. Reg eut tout juste le temps de ramasser son casque et de fuir.

La rumeur fit le tour de la ville, et atteint même toute la région. Tout le monde voulait savoir qui était cet homme aux oreilles pointues, et de quel coté il était. Certains disait qu'il avait défendu un palestinien contre la lapidation, d'autres l'avaient vu défendre les israëlites contre les coups de couteau. Reg était maintenant complètement impliqué dans les tensions de la ville. Il lui était impossible de faire marche arrière. On veint le chercher chez Algebir dès qu'on sut où il habitait. Les palestiniens voyaient en lui une arme pour aider leur peuple par la force. Les extrêmistes voulaient l'instrumentaliser pour saigner le peuple juif et continuer leur action terroriste. Reg, devant cette situation, décida de se réfugier du coté juif. Ceux-ci étaient méfiants, et l'accueillirent de façon plutôt neutre. Djeninna avait insisté pour venir avec Reg, mais Samir refusa. Elle n'en démordit pas et fit une fugue pour rejoindre Reg dans la soirée. C'est elle-même qui lui avait indiqué l'hôtel où il résiderait, car c'était une adresse que sa mère connaissait bien.

Pendant cette nuit paisible, Reg et Djeninna discutèrent beaucoup sur les problèmes qui se posaient depuis si longtemps dans cette région du monde. Il y avait beaucoup d'émotion dans la voix de Djeninna, elle qui comprenait les revendications des deux camps qui s'opposaient, comme si cette histoire la déchirait en deux. Mais elle était passionnée, elle voulait la paix parce qu'elle n'avait pas envie de fuir comme ses parents. Mais elle se sentait impuissante. Elle venait à peine de fêter ses 12 ans, elle était petite, maigre, peu élégante, et elle avait constament essuyé des reproches pour ses origines, d'un coté comme de l'autre. Il ne lui restait que Reg, son protecteur, celui qui avait toujours été de son coté, et qui s'y trouvait plus que jamais. Cette nuit là elle tomba une nouvelle fois en pleurs dans ses bras, et Reg, le cœur serré par tant de détresse, la berça de paroles réconfortantes. Il prit la décision de se battre ici pour la paix, lui aussi, et fit la promesse à Djeninna que tous les deux ils iraient loin pour la gagner. La nuit passa, et au petit matin, Reg retrouva une fois de plus Djeninna blottie contre lui au réveil. Elle dormait toujours comme un ange à ses cotés, mais Reg ne pût jamais lui dire à quel point il se sentait gêné par cette situation, et même l'était de plus en plus.

Ce matin là, devant le mur des lamentations, un groupe de miliciens arranguait la foule pour persuader les gens de les joindre pour attaquer les groupes de terroristes qui avaient enlevé des enfants pour les monnayer contre leur prisonniers. Djeninna qui venait avec Reg se fraya seule un chemin dans la foule pour aller voir l'homme et lui tenir un discours accusateur:
- "Que cherchez-vous à faire en montant cette milice? Vous allez à nouveau piller, détruire, et surement tuer à nouveau des gens dont les proches réclameront la vengeance par la suite! Libérer ces enfants aujourd'hui comme vous projetez de le faire ne mènera à rien! Regardez! Je suis une enfant moi aussi, et si j'étais enlevée par de méchants hommes, je saurais que je ne pourrais pas me défendre tant qu'ils n'auront pas ce qu'ils veulent, même si leur moyens sont ignobles! Je ne veux pas avoir affaire à de telles personnes, ni négocier avec eux, mais quand ce n'est pas possible de faire autrement il faut le faire! Si vous prônez la violence à leur égard, sous couvert de la justice vous êtes autant terroristes qu'eux!"

L'homme se pencha vers elle et la regarda de haut:
- "C'est très bien tout ce que tu dis, petite fille, mais si tu ne veux pas pactiser avec les terroristes, comment ferais-tu pour récupérer nos enfants?"
- "j'irais les chercher!"

Tout le monde se retourna vers l'homme qui avait prononcé ces paroles, pour palir de stupeur devant le visage de Reg. Il s'approcha de Djennina, et dit ensuite:
- Je suis d'accord avec elle, la violence n'est pas la solution à vos problèmes, et votre histoire entière le montre. Il est temps de penser à d'autres moyens, et je suis prêt à vous en offrir.

Mais avant que la discussion ne se développe plus, une voix dans la foule interrompit: "Je le reconnais, c'est lui qui a protégé un palestinien contre la lapidation!", et les miliciens réagirent vite en brandissant leur batons pour commencer le combat contre Reg. Mais fut le plus rapide et désarma vite le chef, puis en lui faisant une clé de bras, le força à se déséquilibrer pour le lancer sur quatre personnes qui étaient groupées. Attaquant ensuite les pieds en avant, il désarma et mit à terre tous les autres. Il y avait là une douzaine de personnes. Un autre homme prit un baton pour frapper Reg par derrière, mais Djeninna le frappa dans l'entre-jambes. Ce dernier homme voulut alors s'en prendre à Djeninna, mais un vieil homme interveint en lui attrappant le bras. "Tu vois ce que c'est, il suffit d'un seul homme pour appeler à la violence, et c'est la bagarre générale!" Telles furent ses paroles. L'homme s'arrêta, constatant que celui qui lui parlait était rabbin. Derrière lui il constata aussi que les hommes mis à terre par Reg n'étaient pas vraiment blessés.

Finalement, une grande discussion se mit en place. Reg avait de l'assurance. Il savait que malgré la discorde qui reignait toujours à Jérusalem, les choses avaient changé depuis la guerre pendant laquelle il était né. Les gens avaient l'esprit plus ouvert. La question religieuse était moins invoquée pour justifier les violences. Le pouvoir politique était grandement affaibli. Les conditions étaient réunies pour qu'il n'y ait plus que des hommes en face d'autres hommes. Djeninna pensait qu'une discussion serait possible une fois qu'on mettrait plus les choses à plat. Reg avait des idées d'action.
La première fut de ramener les enfants. Reg prit avec lui quelques hommes pour une intervention discrête. Connaissant les lieux à l'avance, ils purent emmener rapidement tous les enfants sans blesser un seul homme. Il se trouve que les enfants avaient été bien soignés, et n'avaient pas vraiment consience d'avoir été enlevés. Djeninna et Reg y virent un signe encourageant pour la paix.

Et les exploits s'enchainèrent. Reg empècha des destructions de batiments du coté palestinien, il s'interposa entre les groupes qui combattaient en utilisant toujours la même technique rapide, qui consiste à provoquer un fort courant d'air pour surprendre tout le monde et traveser les 2 groupes d'un seul coup en désarmant et mettant à terre autant de personnes d'un coté que de l'autre. Très vite, on l'appela "l'homme qui se confond avec le vent". Djeninna de son coté obteint un sauf-conduit pour elle et Samir, afin qu'elle aille discuter avec les prisonnier palestiens dans les prisons israëliennes, et qu'elle soit libre de tout mouvement pour aller à la rencontre des israëilens comme des palestiniens. Elle organisa avec l'aide de plusieurs personnes un congrès pour la paix, invitant toutes les personnes influentes à se réunir pour discuter. Malgré son jeune age, Djeninna était devenue le cerveau d'une vaste entreprise de paix, dont Reg était la force qui contraignait au pacifisme.

Mais certaines personnes n'oubliaient pas leur rancœur. Ils voyaient en Djeninna et Reg des gens qui déshonnoraient leur peuple en leur faisant faire des consessions inacceptables. Malgré tous leurs efforts, les appels à la violence se voyaient toujours. Il y eut même des violences internes entre ceux qui contestaient la paix proposée et ceux qui était pour. On compta des morts parmi les partisans de la paix. Djeninna appela alors à continuer, pour que ces gens n'aie pas été sacrifiés pour rien. Celà faisait 6 mois déjà que leur action avait commencé, et tous ces efforts avaient porté leurs fruits. Djeninna avait voulu un grand rassemblement devant le mur des lamantations, avec tous ceux qui voudraient bien venir. Parmi les invités de marque se trouveraient des hommes politiques, des responsables religieux, des chefs d'entreprise. Chacun devrait donner leur vision pacifique du monde, en donnant un petit discours. On ferait circuler un micro dans la foule pour recueillir les questions et les réactions du public. il y aurait un spectacle à la fin avec une troupe d'enfants, qui joueraient une version simplifiée de "songe d'une nuit d'été", que Reg avait transcrit d'après une traduction française qu'il avait trouvée à la bibliothèque. Pour beaucoup d'enfants, Reg était un héros. Il en avait sauvé contre des agresseurs, il avait joué avec eux dans les orphelinats de la ville, il avait participé à des rencontres inter-écoles...

Tout semblait prêt pour cette grande fête. Les gens arrivaient nombreux déjà, et la plupart des intervenants étaient déjà là. Reg était avec eux. l'estrade était contre le mur des lamentations. On attendait l'arrivée de Djeninna. Celle-ci arrivait en compagnie de Samir et de deux autres hommes qui s'étaient engagés à la protéger. Lorsqu'on sut qu'elle était là, toute la foule se pressa pour aller la saluer. Elle était radieuse, et n'en faisait qu'à sa tête. Elle était juste une enfant qui sautillait de joie à l'idée d'assister à une fête. Malgré son irruption forcée dans le monde adulte, elle avait gardé son innocence. Tant de contraste entre ce qu'elle était devenue pour la société et la jeune fille qu'elle restait, montrait à quel point elle avait du génie. La joie l'entourait, et elle était heureuse. Elle aperçut enfin Reg sur l'estrade, l'appela:
- "Reeeeeeeeeeeeeeeeeg!! ..."

Mais à ce moment là, l'expression changea sur son visage. La foule sembla alors se figer un moment. Reg se leva et courrut vite vers Djeninna. On laissa passer "l'homme qui se confond avec le vent". Au milieu de la place, Djeninna tomba dans les bras de Reg, un poignard enfoncé dans le dos. Reg le sut dès le premier instant: il était déjà trop tard. Alors une colère folle s'emparra de lui.
- "DISPARAISSEZ!!! DISPARAISSEZ TOUS!!!"

Et autour de lui ce fut comme un ouragan. En moins d'une minute tout le monde avait quitté la place. Il ne restait plus que Reg et Djeninna.
Djeninna: Reg...
Reg: Djeninna... j'aurais dû te protéger...
Djeninna: Je vais mourrir hein? C'est pas grave parce que je meurs dans tes bras... Reg, je voulais savoir...
Reg: quoi?
Djeninna: Est-ce que tu m'aimes? Je veux dire... est-ce que tu es amoureux de moi?
Reg: Je...
Djeninna: parce que moi j'ai l'air d'une petite fille, mais je suis amoureuse, Reg! Je t'aime... theuheuh! (elle tousse) Et je voulais te le dire aujourd'hui...
Reg: Je n'avais pas réalisé... bien sûr que je t'aime Djeninna! Tu as toujours été autre chose qu'une petite fille pour moi! Pourquoi, pourquoi est-ce que je ne peux te dire ça que maintenant?
Djeninna: embrasse-moi...

Reg embrassa Djeninna, d'un long baiser plein de larmes, les yeux fermés. Ils ne voulaient pas que ce baiser se termine, mais au bout d'un moment Reg sentit le gout du sang. Il arrêta alors de l'embrasser, et ouvrit les yeux. son sang coulait au coin de sa bouche, ses yeux étaient toujours fermés, et son visage semblait être serein. Elle était morte. Reg la pleura longtemps, en la serrant contre lui une dernière fois. Aucun cri ne put sortir pour exprimer sa douleur. Il l'avait aimé et le jour où il s'en était rendu compte, il l'avait perdue.
Il porta ensuite le corps dans les rues de Jérusalem. Tout était désert, et il ne savait où aller. Il retrouva alors Samir qui l'aida à quitter la ville. Il marchèrent vers Béthléhem, et sur le chemin ils aperçurent au loin une petite maison abandonnée. il y avait là un petit jardin, qui n'était pas entretenu, mais qui était très beau. C'est là qu'ils choisirent d'enterrer Djeninna. Trois jours plus tard, à la demande de Reg, Samir planta un jeune Olivier près de la tombe. Puis Reg alla au mur des lamentations. Il pria selon les rites juifs et musulmans. Quand il eut fini, une foule nombreuse se trouva rassemblée derrière lui. Certains disaient qu'ils feraient payer ceux qui avait commis ce crime, mais Reg eut ces paroles:

- "Elle était des deux peuples, et elle n'était d'aucun. Personne n'a tué Djeninna, tout le monde l'a tuée. Si quelqu'un doit se venger ici, c'est moi et moi seul! Mais je ne demande pas de vengeance. Au contraire, je veux que personne ne se venge. Si quelqu'un tue pour venger sa mort, pour moi ça sera comme s'il était personnellement responsable de la mort de Djeninna. Car Djeninna voulait la paix plus que tout autre chose. ceux qui tueront pour elle trahiront son esprit! Maintenant laissez-moi en paix, et continuez à construire votre paix à vous. Je me retire, je n'ai plus rien à faire ici."

Après avoir salué tous ses amis, Reg s'en alla ensuite sans but précis. Ses pas arrivèrent alors à l'orphelinat palestinien qu'il avait protégé une fois. Les gérants lui donnèrent asile et les enfants pleurèrent avec lui. Reg leur dit que dorénavent, tout allait bien se passer, que la paix serait enfin construite. Il ne savait plus s'il croyait encore à ses propres paroles. Il était las et désespéré. Il resta une journée entière à dormir, puis une autre à réfléchir à ce qu'il allait faire. Il ne pouvait rentrer en France devant un tel constat d'échec. A quoi servait ce que lui avait appris maitre Sakhan sinon?
Le lendemain il prit la route, en direction de l'Est. Des gens étaient venus à l'orphelinat pour lui apporter leur soutien, mais ils arrivèrent trop tard. Mais trois enfants s'étais mis à sa poursuites. Il arrivèrent à lui essoufflés.

- Reeeeeeg! Pourquoi tu pars?
Reg: Je pense que c'est mieux ainsi. Je ne peux pas continuer l'œuvre de Djeninna, je suis un étranger ici. Ne pleure pas Omar.
Omar: mais Reg, c'est toi qui nous disait que même les hommes avec des oreilles pointues étaient nos frères, pourquoi tu peux pas rester?
Reg: Les gens ici ont besoin de régler leurs problèmes sans moi maintenant. Si je restais je ne servirais à rien. Au pire je les gênerais. S'il-te-plait, approche, Tarek.
Tarek: Moi non plus je ne veux pas que tu nous abandonnes. Qui nous protègera maintenant?
Reg: Ce n'est pas parce que je pars maintenant que je ne reviendrais jamais. Je vous promets qu'un jour je reviendrais. D'ici là Tarek, et tous, devenez des hommes forts, vraiment forts. Je veux que vous appreniez seuls à toujours respecter les autres, à ne pas leur faire de mal. C'est comme ça que vous serez forts. Même toi leïla.
Leïla: Moi? Mais je ne serais jamais un homme, et je ne serais jamais assez forte!
Reg: euh, oui... Mais c'est pas grave, c'est même une bonne chose que tu ne sois jamais un homme. ^_^°
Tarek: Mais qu'est-ce que tu racontes?
Omar: C'est normal, Reg il veut pas que les filles deviennent des hommes!
Reg: Leïla, toi tu peux être plus forte encore que Tarek et Omar. Tu sais quoi? Djeninna elle était plus forte que moi. C'est elle qui a été plus forte que tout le monde ici. Et je vous recommande de suivre plus son exemple que le mien.
Omar: Ooooooh, Leïla, t'as de la chance d'être une fille!
Tarek: hahaha, t'es jaloux Omar?
Omar: n'importe quoi!

Après un dernier jeu, et beaucoup de rire, les enfants laissèrent partir Reg vers de nouvelles aventures.
_________________
Je suis toujours de passage, qui veut que je reste doit prendre mon coeur...
Revenir en haut
Reg Mirkaos
L'elfe qui se confond avec le vent [Mod]
Inscrit le: 21 Nov 2003
Messages: 268
Localisation: Valbonne, Sophia-Antipolis, Cote d'Azur
Posté le: 14 Juil 2004 2:06    Sujet du message: chapitre 10

"J'ai vu un homme aujourd'hui, qui pouvait accomplir seul ce qu'un groupe d'hommes n'aurait pu faire. Il est venu seul, il est reparti seul. Combien de temps restera-t-il ainsi? Je prie pour qu'il trouve sur son chemin du soutien, et qu'un jour il dépose les armes qu'il dresse contre le monde ingrat pour lequel il se bat afin de le rendre meilleur."

Ten Long Jiang, poète, prêtre eucuménique boudhiste et chrétien, secrétaire à l'ambassade chinoise au Tibet réabilité, notes d'intensions de prière



chapitre 10: Perdu en chemin.


A quoi rime cette histoire? Où celà me mènera-t-il? Je m'épuise à chercher sans chercher, à traverser en apnée, des pays sans frontières. Il y a eu du sable, de la terre, des hautes herbes, des cailloux, des rochers, quelques plaques de béton, un peu de bitume, et des champs, de nombreux champs, la moisson est passée. Quel jour sommes-nous? Le temps passe mais je ne vois plus que mes pieds, toujours dans ces bottes noires souples qui commencent à peine à s'user. De cette confection du cordonnier de Tilliec dépend maintenant la santé de mes pieds, qui avancent toujours. Je tiens. Quel est ce pays? Le Turkménistan?l'Ouzbékistan? L'Afghanistan? Le Tadjikistan? J'ai suivi les montagnes... Suis-je toujours en Iran?

Je me sens las, bien que mes pieds avancent toujours. Je ne sais plus faire que marcher, mais je sens que ça pourrait s'arrêter d'un moment à un autre. Bientôt je tomberai, je le sais. Ce n'est qu'une question de temps. Il n'y a rien ici, et je voudrais continuer jusqu'à ce qu'il y ait quelque chose. Mais s'il n'y a rien je tombe. Je pleure encore ta mort Djeninna. C'est bien de ma faute si on en est arrivés là. Les gens ont gardé espoir, mais moi, que me reste-t-il à faire?

Soudain le vent me redresse d'un seul coup, comme une voile gonflée par une rafale. Mes larmes s'envolent, se perdent dans la poussière derrière moi. Ma bouche entre-ouverte reçoit ce nouveau souffle, comme si on me ranimait avec une respiration artificielle. A mes yeux s'offre un spectacle inattendu. Est-ce un mirage? En haut de ce nuage de poussière qui trouble le paysage verdoyant, se dresse une ville. A quelle distance est-elle? Est-elle vraiment présente? Je décide d'avancer, c'est ma seule chance...

Finalement ce n'était pas si loin. Ou alors, j'aurais marché en dormant? Je ne me souviens plus comment je suis arrivé ici. Les rues sont presque désertes. Rares sont les gens qui marchent, je ne croise que des gens endormis sur le pas des portes, ou des mendiants aux coins des rues. Les reflets du soleil dans les vitres sales me font mal aux yeux, je décide de mettre la capuche de ma cape sur ma tête pour avoir moins de lumière. Cette ville est brillante, mais semble sale, et les gens y semblent encore plus abattus que moi. Au détour d'une grande rue, j'aperçois poutant un homme qui semble très agité. Il est en train de coller rapidement une affiche, et il en a d'autre à aller coller plus loin, pour qu'il y en ait partout dans les rues. Je m'approche pour regarder. C'est écrit en russe, je ne peux pas lire, à part quelques mots.

ULTIMATE FIGHTING TOURNAMENT

C'est écrit en gros, en anglais. Il y a un chiffre en dessous: 10 000. Surement la somme d'argent en récompense pour avoir gagné ce tournois. Il y a un autre chiffre: 15. Surement la somme d'argent pour s'inscrire. Il y a une date: 28/09. On serait déjà en septembre? C'est quand le 28? dans une semaine? trois jours? demain? On me bouscule violemment. Je tombe à terre. Il y a là 2 hommes qui parlent russe. Je ne comprends pas ce qu'ils disent, mais il n'ont aucun respect, ça s'entend à leur voix. Il regardent l'affiche comme moi et ont l'air enthousiastes. Je me relève. J'ai faim et je trouverais bien un endroit où manger, je n'ai plus de provisions dans mon sac. N'ayant personne d'autre sous la main, je me résigne à demander mon chemin à ces 2 personnes.

- Vous parlez arabe? Anglais? Français? Dis-je dans ces 3 langues.

L'un d'eux répond en anglais. Il parle très mal, mais j'arrive à comprendre. Je continue donc en anglais.

- Vous connaissez un endroit où je peux manger?

L'homme me fait juste un geste. Il indique une enseigne miteuse tout en haut de la rue au loin.

- Merci. Au fait quel jour sommes-nous aujourd'hui?

L'homme se met à rire, il traduit la question en russe pour son copain, qui rigole à son tour. Il me répond enfin que nous sommes le 25 septembre. C'est donc mon anniversaire aujourd'hui. Je le remercie, et me retourne pour m'avancer vers le haut de la rue. J'entends alors une brêve discussion entre les 2 hommes. Une des deux voix se rapproche alors qu'elle devrait s'éloigner. Je sens alors une main saisir le pommeau de mon épée, qui dépasse de ma cape. Je réagis vite. De la main gauche je saisis le bas du foureau et effectue un mouvement circulaire pour mettre son poignet en déséquilibre, puis je me retourne rapidement pour le saisir par le bras, lui faire lacher prise, et le mettre à terre.

Le deuxième gars est médusé, il ne bouge pas. Le premier s'est fait mal au poignet et reste à terre, à pousser des jurons en russe. Dans mon mouvement ma capuche est tombée. Mon regard est mauvais, je le sais. Il doit leur faire peur maintenant. C'est alors qu'à ma droite j'entends une voix:

- Mirkaos! Mirkaos!

Incrédule, je me tourne, pensant que c'est impossible que quelqu'un prononce mon nom en ces lieux. De quel genre de coïncidence s'agit-il? Mais c'est bien moi que ce petit homme regarde. Il s'approche en clopinant, et je m'aperçois qu'il sourit. Je ne comprends pas. Les deux hommes qui s'en sont pris à moi s'en vont en marchant vite. Ils se retournent souvent. Il y a maintenant quelqu'un près de moi qui me sourit comme s'il me connaissait, mais je suis certain de ne jamais l'avoir rencontré. Il est petit, brun aux cheveux courts, le teint mat, et une petite moustache. Il a de nombreuses rides autour des yeux, comme s'il avait rit toute sa vie. Il m'invite à venir avec lui en arabe. Je me retrouve bientôt avec lui dans une maison où je mange du pain, des pommes de terre, des haricots et du riz préparés par la femme de mon hôte. On me donne aussi du vin rouge pour seule boisson. L'homme m'offre un lit. Je le remercie et me couche. Je dors presque instantannément.
Je m'appelle Reg Mirkaos, j'ai 17 ans aujourd'hui, et il ne me reste plus que mon épée comme signe de la paix que je recherchais, et que j'ai presque oubliée. Demain je verrais bien si je peux à nouveau être utile à quelque chose dans ma vie.

----------

Après cette nuit de repos, je me sens toujours fatigué. Toutefois, je me décide à parler plus amplement avec l'homme qui m'héberge. J'apprends qu'il s'appelle Khaled Chekov, et qu'il a entendu parler de moi par un ami, qui connaissait un ami, etc. Il faut croire que j'ai fait parler de moi ces derniers temps... Tant mieux si c'est en bien, ça n'a pas toujours été le cas. Khaled me questionne, il veut savoir où je vais, quel est le but de mon voyage jusqu'ici. je lui réponds honnêtement que je ne sais pas, et il m'offre de rester jusqu'à ce que je sache. Je sais que je n'ai pas envie de rester ici longtemps, il va falloir que je trouve, ou alors peut-être ne trouverais-je pas, mais il me faudra partir quand même.
Mais pas maintenant, cette histoire de tournois me revient à l'esprit. Khaled m'en apprend plus. Il s'agit d'une compétition ouverte à tous, de combats singuliers où la seule règle est de se battre contre l'adversaire jusqu'à ce qu'il se rende ou meure. Le vainqueur a le droit d'affronter le champion, et s'il parvient à le battre, il empoche la prime et devient le nouveau champion. Ce tournois est financé par l'homme riche de la région: Karl Petrov. Il attire beaucoup de monde tous les 2 mois environ. Bien sûr le profit de ce tournois est énorme, et Petrov garde tout pour lui et ses hommes. D'un seul coup je comprends que cette ville soit dans un tel climat de précarité. Petrov est enfermé dans sa forteresse tout en haut de la ville à attirer les hommes forts du pays, les faire se détruire entre eux, gagnant leur argent par la même occasion. Pendant ce temps la ville a arrêté la reconstruction qu'elle avait engagée depuis la fin de la guerre.

Je décide de faire quelque chose pour ce tournois, et commence a élaborer une stratégie. Dois-je m'y inscrire pour essayer de le gagner? Je n'ai pas envie de me battre contre des malheureux qui sont là pour de l'argent. Dois-je aller voir ce Petrov et lui demander simplement d'arrêter tout? Il ne m'écoutera surement pas. Je ne vois pas bien ce que je pourrais faire. Je passe la journée à m'entrainer un peu tout en réfléchissant à l'angle d'attaque de la forteresse de Petrov. Et si j'allais juste là-bas pour tout casser? Après tout bon nombre de gens de la ville sont furieux de voir Petrov règner en maitre alors qu'eux n'ont presque rien. Mais ça me parrait trop dangereux.

Je tourne le problème dans ma tête jusqu'au soir, et en retournant dans les rues je tombe sur une scène de liesse. Je m'approche et vois que c'est l'équipe du tournois qui défile. Petrov n'est pas là bien sûr, mais il y a le champion. Il s'appelle Igor Cyrillus, il est très grand, environ 2 mètres, et très massif. Il semble ne pas avoir un gramme de graisse, bref, il semble invincible et fait peur à tout le monde. En revanche, je remarque qu'il n'a pas l'air très intelligent. S'il connait la manière de se battre, il n'a peut-être pas conscience de la difficulté des gens de la ville, et se contente de rester confortablement à sa place dans l'insouciance.
Voilà mon angle d'attaque. Il faut que j'arrive à le rencontrer, et le persuader que ce qu'il fait cause du tort aux gens. Il me reste à choisir le lieu et l'heure. J'opte finalement pour le plus simple: les préparatifs du tournois.

Je passe la journée suivante à calculer l'heure de mon arrivée au tournois. Il faut que j'y arrive avant les concurrents, et après les premières installations, c'est-à dire, quand le champion sera là pour attendre les concurrents. Je cours les rues et demande aux gens s'ils connaissent des personnes faisant partie de l'organisation du tournois. Je remonte finalement jusqu'à l'un d'entre eux qui me raconte que tôt dans la matinée est organisé l'accueil des concurrents en présence du champion et de Petrov. Mais avant ça il y a un moment d'attente, pendant lequel on attribuera un numéro à chaque participant. Petrov sera alors en train de prendre son petit déjeuner avec le staff calmement dans le stade vide. Il parrait qu'il aime bien le calme avant la tempète. Et bien, je n'en demandais pas tant, il va être servi!

Je me pointe donc le jour du tournois vers 8h30. Deux gardes barrent l'entrée principale du stadium indoor. Les participants sont déjà dans une salle à l'intérieur. Il parrait qu'il sont 256. Les inscriptions sont closes. Les gardes me voient arriver de loin. ils portent une espèce d'armure avec un casque intégral proche du casque de moto. Ils sont armés de bâtons...

BLAM!

Je fais un bruit fracassant qui résonne dans le stadium vide en ouvrant violemment les 2 portes. Je crois même que j'en ai cassé une. Aussitôt j'aperçois Petrov qui se lève, entouré de nombreux gardes du corps en alerte. Petrov est petit, rondouillard, et à moitié chauve. Je ne m'attendais pas à une telle caricature du fourbe...

"C'est quoi cette intrusion?" ou "Qui est là?" doit-il dire à ce moment en Russe. Enfin un truc comme ça, je ne comprends pas le Russe. Heureusement que beaucoup de gens parlent un peu Anglais ou même Français.

Les gardes se jettent sur moi. Ils subissent le même sort que les 2 autres. Ce ne sont pas des combattants expérimentés, j'arrive à me débroullier. Commotion cérébrale bénigne garantie pour tous, pas d'accident. Il reste donc dans la salle des organisateurs qui ne savent pas se battre, Petrov, et Igor, le champion. Bien. Je demande un interprète. Petrov n'en croit pas ses yeux. Igor, lui, semble intéressé, mais ne semble pas trop comprendre ce qu'il se passe. Petrov s'adresse à moi en Français:

Petrov: Si vous voulez me parler, pas besoin d'interprête!
Reg: Ce n'est pas à vous que je veux parler, mais au champion.

Je vois bien que Petrov se sent offensé par ce manque de considération. Igor se lève et s'approche de moi. Il semble vouloir se battre, et finalement me désigne le ring. Bravo, c'est un brave type, il a une conscience professionnelle. Je sens que ça va être moins compliqué que je ne le pensais.

Petrov: Monte sur le ring, étranger! Si tu veux parler au champion, il va falloir le battre!
Reg: Je ne suis pas ici pour me battre, juste pour parler, et je ne monterais pas sur le ring avant de l'avoir fait.

Bon d'accord, je viens d'assomer une vingtaine de garde, mais ce n'est pas pour ça que je suis venu, hein! Petrov crie quelque chose à Igor. Peut-être lui demande-t-il de me tuer sur le champ. Le premier mot en réponse à ce cri de la part d'Igor est "Niet!" Un autre homme s'approche finalement et me dit en Français: "Il refuse de combattre s'il ne le fait pas sur le ring."

Reg: comment vous appelez-vous?
Alexander: Alexander.
Reg: Alexander, pouvez-vous me servir d'interprête?
Alexander: Oui.

Je suis soulagé de ne pas avoir confié la tâche d'interprête à Petrov. Il aurait pu déformer mes propos. Je commence donc à parler avec Igor. Je lui explique rapidement combien Petrov profite de lui et de tout le monde alors que les gens de la ville vivent dans des maisons miteuses avec à peine de quoi manger. Il est très réceptif et se retourne vers Petrov, qui essaye de crier que je suis un menteur. Mais Igor parle maintenant en Russe à Petrov en lui posant plusieurs questions. Il semble animé d'une colère maitrisée. Petrov recule sans répondre, mais se retrouve bientôt aculé. Alexander me traduit ce qu'il disent.

"Il lui propose de l'argent... Il le supplie de ne pas le tuer." me dit Alexander.

A ce moment là, Igor se retourne et me pose une question: "que faisons-nous maintenant?" J'avoue ne pas y avoir beaucoup pensé à l'avance, mais il me parrait évident qu'il faut suspendre le tournois. Le problème est de savoir comment faire alors qu'il y a tout un tas de gens qui attendent de se battre pour de l'argent. Voyons, 10 000 divisé par 128 ça fait... 78. C'est pas si mal.

Finalement, nous avons appelé chaque participant au tournois un par un pour lui expliquer que le tournois était annulé, mais que la récompense serait reversée équitablement entre les participants. Chacun récupère aussi la somme qu'il a dépensée pour son inscription. Tout le monde est content, sauf Petrov bien sûr, qui perd sa cagnotte.(*) Il reste quelques sous, Igor tient à m'en donner la moitié. Il reste de l'argent dans les caisses de Petrov pour construire à la ville une vie meilleure. Même les gardes que j'ai assomés sont d'accord pour monter une association.

Le soir même, je quitte Khaled, qui refuse l'argent que je veux lui payer pour m'avoir hébergé. Direction: le Tibet. Peut-être y trouverais-je ma voie?


(*) Si la cagnotte est donnée, Petrov ne rentre pas dans ses frais avec les inscriptions au tournois. Il n'avait donc pas l'intension de la donner dès le départ, Igor étant certain de gagner contre un combattant qui aurait enchainé 5 combats sans aucune règles sur quelques jours. Sur quelques mois il fait une bonne affaire, étant donné qu'il peut fixer le prix en fonction de la richesse des habitants de la ville. Sa richesse augmente, et surtout celle des autres diminue, ce qui accélère la faillite de la ville. ^_^°
_________________
Je suis toujours de passage, qui veut que je reste doit prendre mon coeur...
Revenir en haut
Reg Mirkaos
L'elfe qui se confond avec le vent [Mod]
Inscrit le: 21 Nov 2003
Messages: 268
Localisation: Valbonne, Sophia-Antipolis, Cote d'Azur
Posté le: 13 Oct 2004 17:21    Sujet du message: chapitre 10 bis

Avant de lire cette partie: j'ai décidé de rajouter cette dernière partie au chapitre 10, parce qu'il me semblait qu'elle y serait mieux que dans le chapitre 11 (qui est en cours de rédaction ^_^°). Le chapitre 11 sera le dernier de l'histoire, voilà pourquoi je mets du temps à le rédiger, je n'ai pas envie de le rater! Merci à tous ceux qui ont lu cette histoire, et à bientôt!

Ah oui, un truc aussi: relisez la petite citation du début du chapitre 10 pour vous "remettre dans le bain". ^_^

----------

Me voici maintenant en Chine, après une marche assez longue. En chemin j'ai rencontré un homme qui est devenu mon ami. Il s'appelle Ten Long Jiang. Je lui ai un peu raconté mon parcours jusqu'ici, et il m'a proposé de le retrouver à Shanghai, quand il aurait fini son voyage... Alors me voilà en route!
Vivement que j'arrive au prochain village, ici il n'y a pas grand chose... Le paysage est plutôt agréable, c'est vert, c'est fleuri, l'air est frais, et la forêt est en extension, ça se sent. Rien à voir avec la zone sinistrée que j'ai dû traverser en combinaison anti-radiations... Enfin, les barrières stratosphériques sont au point, et le traitement des lieux suit son court. Bientôt, elles seront supprimées, et la zone sera à nouveau habitable. En Europe aussi. Je me suis toujours demandé d'ailleurs comment les 3 bombes nucléaires les plus meurtrières de l'histoire de l'humanité avaient été déviées miraculeusement. Quand on y repense, elles auraient dû provoquer la disparition de TOUTE l'humanité. Enfin, énormément de gens sont morts quand même. Il n'y a pas de croisement sans son petit autel à la mémoire des civils innocents ici. On en trouve même sur le bord des chemins.
C'est tout de même dommage que la seule personne que j'aie rencontrée depuis que j'ai quitté le Nepal soit allée dans l'autre sens... J'aurais aimé avoir un véhicule aussi. Pourquoi pas un vélo, tiens? Mais je ne sais pas si je me débrouillerais avec, je n'en ai jamais fait... Bah, après tout, ici tout va bien, et la Chine est vraiment un beau pays.

J'ai décidé de faire une pause plus longue que d'habitude à l'orée d'un bois. En fait, même si tout à l'air paisible, il y a quelque chose qui me tracasse depuis quelques jours. Je ne vois pas assez d'animaux, et pourtant j'en trouve de nombreuses traces. J'ai déjà voyagé dans de tels endroits, et ils se montraient plus. Ce n'est pas normal. Je commence donc une méditation comme me l'a appris mon maitre. Elle consiste à recueillir le plus de sensations possible sur le monde qui m'entoure pour que j'en aie une représentation avancée. C'est difficilé à expliquer, mais quand je suis devenu un guerrier Yeelfer, j'ai acquis cette possibilité de me représenter le monde autrement. Mon maitre dit qu'alors, l'activité du cerveau est beaucoup plus développée. C'est même pour celà que certains de mes cheveux remontent naturellement... Là... Je t'ai trouvé. Je ne sais pas qui tu es, mais tu n'es surement pas humain... en retrait, sur la gauche... à environ 3 mètres du sol... approche...
Je bondis d'un coup et m'enfonce à travers les arbres sur la droite. Je prends appui sur l'un d'eux pour virer rapidement vers l'extérieur. Quand je ressors du bois, il est là, caché derrière un arbre. Qu'est-ce que c'est? Ce truc porte une espèce de tissu pour se camoufler. Je n'arrive pas à estimer sa taille, mais il est tout près maintenant. 10 mètres tout au plus. Il s'élève lentement vers le ciel, sans faire un seul bruit. Il m'a vu! Pas de corps à corps possible, je sors mon épée, et je la lance. En plein dans le mille, le truc s'effrondre. J'arrive à son point de chute, et je reprends mon épée. Je soulève le tissu. Apparemment c'est une espèce de petit robot volant. Ce truc est truffé d'électronique, mais on dirait qu'il a aussi une partie organique importante... Mais? J'ai juste le temps de me retourner et de sauter à plat ventre par terre avant que ce truc n'explose! Il ne reste rien de la partie organique quand je peux me remettre debout, et les circuits de ce truc sont dans un désordre monstrueux. Ca me gène un peu qu'il n'y ait pas de poubelle ici, mais je ne peux pas l'emporter non plus pour le jeter ailleurs. Dommage pour la pollution...
Quand je retourne à l'endroit où j'ai laissé mon sac, il y a 3 écureuils autour. Voilà qui est mieux. ^_^
_________________
Je suis toujours de passage, qui veut que je reste doit prendre mon coeur...
Revenir en haut
Reg Mirkaos
L'elfe qui se confond avec le vent [Mod]
Inscrit le: 21 Nov 2003
Messages: 268
Localisation: Valbonne, Sophia-Antipolis, Cote d'Azur
Posté le: 20 Oct 2004 15:02    Sujet du message: chapitre 11

"N - Reg ne m'a jamais parlé de tout ça. Je ne peux pas y croire, il est si gentil. C'est vrai que... Reg est un peu bizarre parfois. Il est perturbé, sûrement fragile comme s'il avait été blessé. Et puis je ne sais pas pourquoi, mais quand je suis avec lui tout semble aller bien. Il m'a apporté de l'aide autant que je lui en ai apporté. Je ne comprends pas de quoi vous l'accusez. Vraiment, je ne comprends pas.
G - Considérez-vous Reg Mirkaos comme un ami ou êtes-vous amoureuse de lui?
N - Je... Je ne sais pas. Pourquoi me posez-vous cette question? Pourquoi vous ne nous laissez pas tranquilles? (sanglots)"

Retranscription traduite en Français du procès de l'affaire n°0564077 du Nouveau Tribunal Penal International, à Tokyo. Intervenants: Natsuko Oshii (N, témoin), Gendo Iwashiro (G, avocat de la partie civile)




chapitre 11: Vers le Soleil Levant, vert le sol et le vent.


Je repense souvent à cet incident dans la campagne chinoise que j'ai maintenant traversée il y a de celà près de deux ans. J'ai 19 ans maintenant. Ca fait presque 1 an et demi que je suis Au Japon. Je me suis débrouillé pour avoir un passeport en Chine. C'était cher, il m'a fallu économiser en faisant des petits boulots, en aidant les gens. Mais le plus long en fait c'était les formalités administratives. Finalement c'est Ten Long Jiang, l'homme que j'avais rencontré près de la frontière du Népal, qui a abrégé le dossier. Je ne comprendrais sûrement jamais rien au chinois. Pendant les 3 mois où j'y ai résidé en compagnie des gens qui habitent ce pays, je n'ai pas pu comprendre leur langage. J'ai parlé anglais la plupart du temps. Sans Ten Long je me demande ce que je serais devenu! Enfin bref.

Je suis maintenant dans une petite ville de la banlieue de Sapporo, sur l'île d'Hokkaido. C'est très calme ici. J'habite chez une vieille dame qui s'appelle Yasue Shimizu. Elle est originaire de Hamamatsu, une ville du Honshu connue pour ses plats à base d'anguille. Elle en fait souvent, et c'est délicieux! D'ailleurs tout ce qu'elle prépare est très bon. Je me suis trouvé du travail: livreur de pizza, et travailleur à mi-temps dans un convini (petit supermarché ouvert 24h/24 et 7j/7).
Mais un jour, il y a 2 mois, un type est entré dans le magasin, avec une guitare sur le dos. Il ne s'est rien passé de spécial quand je lui ai emballé les 4 onigiri qu'il était venu acheter, mais juste après j'ai décidé d'aller prendre une pause. J'étais derrière le magasin, et j'ai enlevé ma casquette pour remettre en place le bandeau qui me cachait les oreilles. C'est que, voyez-vous, depuis quelques mésaventures où on m'a pris pour un démon, j'ai pris l'habitude de cacher mes oreilles, et si possible ma coiffure. j'ai pourtant essayé de coiffer mes cheveux autrement, rien à faire, j'ai toujours ces mèches qui remontent. Même quand je les attache, l'une d'elle se libère parfois. Et là je vois mon client de tout à l'heure arriver dans la ruelle! Il a eu l'air très surpris. Il cherchait juste un raccourci, car il n'était pas du quartier.
Il a commencé par me demander l'adresse de mon coiffeur, mais je ne savais pas bien parler japonais, je n'ai pas compris sa question, il a fallu qu'il me fasse des signes. Finalement on a parlé pendant deux heures. Il n'arrêtait pas de me poser des questions. A l'époque, je pensais juste économiser pour pouvoir rentrer en France en avion, n'ayant rien trouvé de mieux à faire. Mais quand le type m'a posé la question "est-ce que tu t'y connais en musique?", ma vie a dû prendre un autre tournant. A ma grande surprise, il connaissait un peu les elfes. Il cherchait un guitariste pour son groupe, et j'ai accepté d'y jouer.

Ca faisait longtemps que je n'avais pas touché à une guitare. Mais quand je suis arrivé dans ce petit garage qui servait de local de répétition, je me suis tout de suite senti à l'aise. Nous étions quatre musiciens. Il y a mon nouvel ami, Makoto Tsuchiyama, est bassiste qui s'y connaît dans l'entretien et la fabrication de beaucoup d'instruments. Je rencontre ensuite Yoko Hiura, la batteuse, une fille pas très souriante, mais plutôt énergique et très jolie. C'est quelqu'un de très particulier et d'imprévisible. Enfin, il y a Takeshi Kamioka, guitariste et chanteur du groupe. Il est grand, il a l'air toujours très sérieux, et m'apparaît tout de suite comme le chef incontesté du groupe, celui qui ne peut imaginer pour lui-même que cette position. Malgré mon coté indépendant et insoumis qui rend un peu nos caractères divergents, je l'ai trouvé sympa, parce qu'il est aussi toujours prêt à aider les gens autour de lui. Nous nous sommes tout de suite entendus, et avons commencé à jouer.

Après quelques semaines dans ce groupe, j'ai commencé à me sentir plus à l'aise. Et tout ce que j'avais vécu ces dernières années, que j'avais laissé de coté en arrivant au Japon sans but précis, tout ça m'est revenu d'un seul coup, sous forme d'inspiration musicale. C'est comme si d'un seul coup il me fallait délivrer cette avalanche de sentiments à travers la musique. Takeshi m'a laissé la liberté de m'exprimer pleinement au sein du groupe, et de façon formelle: un soir il m'a invité seul dans un bar pour qu'on discute. Je lui ai pratiquement raconté toute ma vie, et il prenait des notes. On a bu toute la soirée, je n'avais jamais bu autant de bière, et j'ai continué à parler, jusqu'à ne plus savoir exactement ce que j'ai dit. Mais Takeshi, lui, prenait toujours des notes, bien qu'il ait bu encore plus que moi. Son visage était tout rouge, et il riait de temps en temps, en répétant "sugoi, sugoi" (génial, génial), ou en m'arrêtant souvent dans mon élan en disant "chotto matte" (attend un instant) pour noter. Mais je sais qu'il y a une chose que je n'ai pas pu lui dire. Toute cette inspiration musicale, si elle m'est venue d'un seul coup comme ça, ce n'est pas pour rien. Il y a eu un évènement déclencheur. Et en fait, cet évènement déclencheur, que je n'ai pas dit à Takeshi, c'est ma rencontre, quelque temps avant, avec sa petite amie, Natsuko.

Natsuko Oshii, la petite amie de Takeshi, n'est pas quelqu'un de véritablement extraordinaire, si on la compare à Yoko par exemple. Elle n'est pas d'une beauté exceptionnelle, mais elle a beaucoup de charme. Elle n'est pas très maigre, comparé à la plupart des japonaises, qui sont très fines. Elle n'est pas d'une intelligence phénoménale non plus. Mais elle est très gentille, extrêmement je dirais même. Elle est toujours attentive à ce que disent les autres, elle adore écouter. Elle ne juge pas. Elle est souriante, elle aime la vie, elle rit souvent. Quand elle parle c'est presque toujours pour raconter une blague, ou dire quelque chose qui met une ambiance joyeuse. Cette façon d'être a été pour moi une libération. C'est comme si le monde qui avait été si dûr pour moi devenait d'un seul coup ridicule, risible, comparé à la joie de vivre qu'il est possible d'avoir, de voir tous les jours, de partager, et de répandre par la musique qui raconterait toute cette histoire. Mais quelle histoire? Natsuko est la petite amie de Takeshi! Je suis en train de tomber amoureux d'elle, et de rêver au bonheur qu'elle pourrait m'apporter, mais tout ceci n'est-il pas illusoire?

Quelques jours après notre fameuse soirée, Takeshi arrive à la répétition le sourire au coin des lèvres. Il a commencé l'écriture des paroles des chansons que j'ai composées dernièrement, d'après les notes qu'il a prises de notre discussion. Les paroles sont en japonais, et je ne comprends pas tout. Il me donne une traduction en anglais, et je suis impressionné de voir que ça correspond exactement à ce que j'ai pu ressentir! Je joue encore plus libéré qu'avant, Takeshi chante, Yoko tape juste, et Makoto trouve le moyen d'améliorer les morceaux avec une basse prenante. Tous les éléments sont réunis, j'en ai les larmes aux yeux tellement c'est beau. Les compositions s'achèvent rapidement, et ensuite tout s'enchaîne à une vitesse folle. Nous faisons des concerts partout dans les rues des grandes villes de l'île d'Hokkaido. Nous rencontrons ensuite un producteur qui nous permet d'éditer un album, dont la pochette retenue est une photo... de mon oreille gauche! Notre groupe s'appelle "Lfienn", reprenant l'inscription qui se trouve sur mon épée, qui signifie "la paix", dans la vielle langue Karnane, parlée par les premiers elfes. L'album porte le même nom. Je me retrouve d'un seul coup projeté sur le devant de la scène, bien que Takeshi soit le leader du groupe. Nous faisons une tournée dans tout le Japon, nous passons à la télévision, je prends l'avion pour la première fois de ma vie. Et Natsuko est toujours là pour nous accompagner partout. Je deviens alors plus intime avec elle.


-----------------


Un soir, nous étions à Tokyo. J'avais pour la première fois donné une interview seul pour une télévision japonaise. Nous avions tourné l'interview toute l'après-midi, mais le réalisateur me disait qu'il ferait un montage de 40 minutes à une heures pour son émission. Les autres membres du groupe étaient déjà repartis pour Hokkaido, afin de préparer un nouveau concert, sauf Takeshi qui devait négocier un nouveau contrat avec un gros producteur. Natsuko lui avait dit qu'elle trouverait ça trop long, et surtout très ennuyeux, elle était donc partie faire du shopping un peu partout dans Tokyo. A la fin de mon interview elle m'appelle sur mon téléphone portable en me disant qu'elle en a marre d'être seule, et que Takeshi n'a pas terminé sa soirée avec les membres de la maison de disque. Je la rejoins donc à Harajuku, où il y a un concert sur la fameuse place des "Aliens"(*). Je note l'apparition de nombreux elfes, sûrement des fans de notre groupe. J'essaye de masquer mon identité, en m'attachant les cheveux, et en mettant un bandeau. Natsuko écrit même un signe au stylo sur mon bandeau. Elle me dit que c'est en référence à un manga très connu. On me prend donc plus pour quelqu'un de déguisé que pour la rock star que je suis devenu en si peu de temps. D'autant plus que la présence de personne d'origine occidentale est devenue chose commune au Japon, suite à une vague immigration importante après la guerre. Une fan me reconnaît tout de même et me demande un autographe. Je lui dis de ne pas attirer l'attention, et tout se passe bien.

Après le concert, nous allons dans un karaoke. Après quelques chansons, nous nous apercevons que nous sommes tous les deux fatigués. Nous restons au karaoke parce que finalement c'est l'endroit le plus calme qu'il est possible d'imaginer quand la musique est éteinte. Nous commençons à discuter. Je finis par avouer mes sentiments à Natsuko. Elle hésite un moment. A ma grande surprise elle commence à me regarder d'un air malicieux. Avant que je ne comprenne ce qui m'arrive elle m'embrasse. Nous continuons à nous embrasser pendant une long moment en nous caressant tendrement. La minute d'après, nous n'osons plus nous regarder. Je ne sais pas qui de nous deux rougis le plus. Nous ne pouvons plus dire un mot. Le téléphone de Natsuko finit par sonner pour briser le silence qui commençait à s'éterniser. C'est Takeshi. Il vient de finir sa soirée. Quand nous le retrouvons à l'hôtel 20 minutes plus tard, il est souriant, et nous annonce qu'il a décroché un contrat intéressant. Je le laisse rapidement seul avec Natsuko pour rejoindre ma chambre. Je m'endors rapidement en essayant d'oublier ce qu'il s'est passé.

Le lendemain, nous reprenons l'avion pour Hokkaido. Je ne me sens pas très à l'aise vis-à-vis de Takeshi, mais j'essaye de faire comme si rien ne s'était passé. Natsuko semble beaucoup plus naturelle que moi. Je n'arrive qu'à regarder les nuages à travers le hublot. A notre arrivée, juste après avoir pris nos bagages, un petit homme vient me voir personnellement. Il dit qu'il veut s'entretenir avec moi en privé, mais je ne comprends pas tout ce qu'il dit. Takeshi prend un air étonné quand il me traduit en anglais qu'il appartient au ministère de la justice! Natsuko est tout aussi étonnée, et propose de prendre mes bagages en me disant qu'il s'agit sûrement d'une erreur. Je suis l'homme dans un trajet en voiture qui m'amène directement au palais de justice. Il essaye de me mettre à l'aise, en me disant que c'est juste une audition en tant que témoin, mais je ne me sens pas rassuré.

Le soir, je rentre juste assez tôt pour ne pas manquer le début de la petite fête où sont invités Madame Shimizu et mes anciens collègues du convini. Il y a aussi des proches de chaque membre du groupe. Je passe un bon moment à discuter avec les parents de Yoko, qui sont vraiment géniaux. Cette fête me fait un peu oublier toutes les catastrophes qui sont en train de s'abattre sur moi. Natsuko se fait plus discrète. Je passe un bon moment, et ne dit rien des nouvelles que j'ai apprises tout à l'heure au palais de justice. Je retourne ensuite dans mon nouvel appartement. La nuit s'annonce longue parce que je n'ai rien de particulier de prévu pour le lendemain. Seulement cette nuit est un peu écourtée. J'entends de violents coups à ma porte. Je suis mal réveillé, il est environ 6 heures du matin. C'est Takeshi. Il manque de me frapper quand j'ouvre la porte, avec le magnifique boken qui a déjà laissé des traces de coups sur ma porte. J'évite le sabre de bois et je le désarme. Il est surpris et s'arrête. Je jette son boken sur la moquette, et essaye de le regarder avec le maximum d'attention possible, luttant contre le sommeil. Il a un deuxième boken à la main gauche. Je ne dis pas un mot, j'attends qu'il parle. Je suis en pyjama, celui-ci est un peu trop grand pour moi.

Takeshi: Habille-toi, prend ce boken, et rejoins-moi sur le terrain vague dans deux minutes!

Je n'ai pas le temps de réaliser la situation avant qu'il ne se détourne de moi et reparte. Mais c'est sûr qu'il s'agit de Natsuko. Elle a dû lui parler. J'espère qu'elle ne l'a pas mis autant en colère contre elle-même, et que Takeshi a préféré s'en prendre totalement à moi. Je m'habille donc vite fait, et ce qui achève de me réveiller. J'entends la sonnette au moment où je ramasse le boken. C'est Natsuko. Elle a le regard terrifié. A part ça elle semble aller bien.

Natsuko: Reg, je suis désolée, tout est de ma faute, j'ai tout dit à Takeshi et...
Reg: calme-toi s'il te plait
Natsuko: je ne veux pas que vous vous battiez pour moi, je n'en vaux pas la peine! Je suis une mauvaise fille...
Reg: dis pas ça... c'est de ma faute aussi... J'aurais aimé te reparler avant de mettre Takeshi au courant, mais...
Natsuko: je te demande pardon, j'ai mal agi...
Reg: Ecoute-moi un peu! Je ne vais pas faire de mal à Takeshi, et je ne vais pas le laisser céder à la colère non plus! Mais il faut que j'y aille!

Natsuko est en larmes et s'accroche à mes vêtements. Elle ne sait plus quoi faire. Moi si. J'essaye de la rassurer, de lui dire que tout ira bien. Quand je la laisse elle a la tête baissée, ses cheveux masquent son visage. Je me retourne et la prend par le bras pour l'emmener chez moi. Je la fait asseoir sur le canapé, et lui donne un coussin qu'elle presse contre elle. Je ne peux pas faire mieux pour l'instant. L'important c'est qu'elle ne reste pas dehors comme ça, elle pourrait attraper froid. Je retrouve Takeshi. Bien sûr je suis en retard.

Takeshi: Je commençais à croire que tu serais lâche et ne viendrait pas.
Reg: Je devais te parler...
Takeshi: Pas la peine, Natsuko m'a déjà tout raconté!
Reg: C'est pas ça que je voulais te dire...
Takeshi: Tu as perverti Natsuko, elle est ma fiancée, et je veux laver cet affront en me battant contre toi!
Reg: Takeshi...
Takeshi: Ne refuse pas ce combat!
Reg: Tu es trop théatral, arrête...
Takeshi: Comment veux-tu que je fasse autrement?
Reg: Takeshi, est-ce que tu aimes toujours Natsuko?
Takeshi: Je n'ai pas à répondre à tes questions, ça ne te concerne pas!

Cette phrase me met hors de moi. Je me mets en garde. Takeshi attaque. Je comprends qu'il a dû faire du Kendo, et qu'il n'est pas mauvais. Je pare son attaque et lui dit "Au fait, quelles sont les règles de ce combat?", en le fixant droit dans les yeux. Nous nous dégageons, et il me répond "Aucune". Il est inconscient ou quoi? Ca doit être ça, sous le coup de la colère il a oublié de régler les détails du combat. Dire qu'il n'y a aucune règle est forcément une question de facilité, qui l'empêche aussi de perdre la face. Je suis encore plus en colère contre lui et son attitude. Lors du deuxième assaut j'utilise une technique de reversement pour prendre son boken entre mes pieds et dans l'élan, lui balayer ses deux pieds. Quand je retombe sur mes pieds, le boken de Takeshi est envoyé loin de nous, et Takeshi est à terre. Il est plus surpris que blessé. Je plante violemment mon boken devant son nez en criant un juron en Karnan. J'ai réussi à me contrôler pour ne pas le tuer. Mais c'était juste, j'aurais pu perdre mes esprits un moment. Dans ces moments là, je sais que ça pourrait arriver...

Reg: Tu n'as pas répondu à ma question, est-ce que tu aimes toujours Natsuko?
Takeshi: O... Oui!
Reg: Est-ce que Natsuko t'aime toujours?
Takeshi: Je pense... que oui.
Reg: relève-toi, je vais te payer un café au lait...

Je m'écarte, et je jette le boken, qui rejoint l'autre. Takeshi se relève. Je mets des pièces dans le distributeur de boissons le plus proche. Takeshi semble un peu fébrile. Moi je ne prends rien. Après un combat comme celui-ci je ne peux rien avaler. On s'assoit, et je commence à parler, pendant que Takeshi boit son café au lait. Je lui dit combien Natsuko a compté pour l'inspiration de l'album, je lui dit aussi que finalement j'aurais peut-être préféré qu'elle ne m'embrasse pas. Takeshi ne me comprends pas. Il me demande si je l'aime vraiment. Je lui répond que je ne sais plus très bien finalement, et que l'important ce serait le choix de Natsuko. Il finit par me dire qu'il ne voudrait pas la perdre. Elle compte beaucoup pour lui, j'en suis certain. Je finis par lui parler de mon autre problème, celui qui m'a amené au palais de justice. Le gouvernement Libyen a émis une requête d'extradition à mon nom pour que je sois jugé pour les crimes que j'ai commis dans leur pays. Takeshi apprend du même coup que je suis un meurtrier. Au début il prend ça comme une blague, il n'y croit pas. Mais je lui rappelle ce qui vient de se passer. J'aurais très bien pu le tuer. Il prend un air bizarre, comme si il essayait de superposer deux images de moi qui sont totalement contradictoires. Il a vraiment du mal à comprendre, mais c'est un peu normal. Je suis une énorme contradiction.
Nous retournons ensuite voir Natsuko. Elle s'est endormie sur le canapée. Finalement je prends un verre de thé noir froid. Quand elle se réveille, Takeshi et moi sommes content de lui annoncer que tout va bien. Finalement Takeshi et Natsuko repartent ensemble, me laissant seul. Je vais avoir des problèmes à régler, et j'aimerais bien les impliquer le moins possible...


Une semaine plus tard, un évènement imprévu se produit. Un magazine people publie en couverture une photo de notre baiser Natsuko et moi! Les journalistes me pressent de courrier pour me demander de leur accorder une interview. Du coté de Natsuko c'est la même chose, puisqu'elle vit avec Takeshi. C'est même pire pour elle parce qu'elle se laisse affecter bien plus que moi par cette histoire. En regardant les photos elle est troublée par le souvenir de ce moment. Elle m'écrit une lettre pour me raconter ça. Elle ne sait plus où donner de la tête, et finalement décide de passer quelques temps chez ses parents. Comme elle laisse leur adresse, j'écris à mon tour une lettre, en essayant de m'appliquer pour avoir un japonais correct, utilisant même Internet pour trouver quelques formules. J'y glisse un mot pour les parents de Natsuko, dans lequel je dis combien je suis désolé d'avoir fait autant de tort à leur fille.

Mais pour moi, ceci est un problème mineur comparé à celui qui concerne la Libye. Le juge chargé de l'enquête à mon sujet a maintenant réuni les premiers éléments me concernant. Les négociations sont en cours pour empêcher mon extradition. J'ai un avocat très sérieux, monsieur Tatsuaki Iwamura. Il essaye, à défaut de pouvoir m'éviter un procès, de faire en sorte que celui-ci se déroule au Japon, en invoquant plusieurs raisons. Tout d'abord, il considère que la justice Libyenne ne sera pas équitable avec moi, refusant d'admettre mes circonstances atténuantes. Ce qu'il appelle "circonstances atténuantes", ce sont les trois points suivants:
- j'étais mineur au moment des faits.
- les personnes que j'ai tuées étaient toutes des repris de justice ou des criminels de façon incontestable.
- je n'ai pas commis d'autres crimes depuis que j'ai quitté la Libye. J'ai même contribué à réduire les conflits dans certains pays.
Le problème c'est que le Japon n'arrive pas à joindre maitre Sakhan, qui est considéré comme mon tuteur légal au moment des faits. D'un autre coté, il serait préférable que la presse ne s'empare pas de l'affaire trop vite, ce qui donne un délais plutôt court pour les négociations. Finalement le dossier devient très compliqué, et pendant un mois c'est l'incertitude totale. Vais-je être extradé ou non?

Le verdict tombe le jour de mon 20e anniversaire. Finalement je serais jugé au Japon. Je suis soulagé, je ne me sentais pas de retourner en Libye, j'y ai laissé trop de mauvais souvenirs... Commence maintenant les appels à témoins. On arrive à retrouver Markos et Ten Long Jiang pour les faire témoigner en ma faveur. Je ne voudrais pas déranger le vieux Samir Algebir à Jérusalem, même s'il apporterait un bon témoignage. Je ne peux contacter ni Khaled Chekov, ni Igor Cyrillus, pour la bonne et simple raison que je n'ai jamais pensé à demander le nom de la ville, ni même du pays où ils habitent...
La procédure judiciaire est longue. Pendant tout ce temps j'essaye de m'entrainer en pratiquant quelques arts martiaux japonais. Je regarde aussi beaucoup de films japonais et de dessins animés. Je lis des manga. Je revois régulièrement Makoto, et nous jouons toujours de la guitare ensemble. A part ça le groupe essaye de se débrouiller sans moi. Ils n'ont pas eu de mal à trouver un autre guitariste que je n'ai pas encore rencontré. Je n'ai plus de nouvelles de Natsuko. Takeshi n'en parle pas à Makoto, mais j'espère que lui en a. Enfin le jour du procès arrive...

Tous mes amis sont là. Même Madame Shimizu, que je voulais laisser en dehors de cette histoire pour ne pas la tracasser. Même Takeshi. Et Natsuko, de manière inattendue, témoigne en ma faveur. J'ai failli protester contre Maître Iwamura quand je l'ai vue arriver, et surtout quand l'avocat de la partie civile a commencé à lui poser quelques questions sur notre vie privée. Mais c'était prévu dans la défense géniale d'Iwamura. Il savait d'avance que le verdict me concernant se baserait sur la sincérité des sentiments que mes amis auraient à mon égard. Pour les crimes il a plaidé l'irresponsabilité mentale sans pour autant me faire passer pour un détraqué. Il a réussi à plaider la légitime défense, même si j'ai tué sauvagement, avec des gestes étudiés. Si Djeninna avait été là pour ma défense, elle n'aurait pas fait mieux. J'en pleure en la revoyant à travers autant de gens qui me soutiennent, après tant de solitude. Je m'attendais à être acquitté. Toute l'audience était convaincue de mon innocence. Mais finalement j'ai quand même une peine. Elle est certes juste, mais elle n'est pas moindre.

Le juge: En vertu des lois internationales sur le banditisme et les crimes de sang, la Cour condamne l'accusé, Regulus Mirkaos, à une peine de 4 ans de prison, à courir sur le sol du pays d'accueil, à savoir, le Japon. Cependant, compte tenu des services rendus à la communauté internationale, dont l'enquête de la Cour a démontré l'authenticité, nous considérons que l'accusé a rempli des tâches et travaux d'intérêts humain et humanitaire, qui sont à valoir en application de la nouvelle loi internationale sur l'amende et le pardon, que la Libye reconnaît actuellement. Nous déduisons donc de cette peine 4 années, ce qui annule la peine totale d'emprisonnement.

Un tonnerre d'applaudissements retentit dans la salle.

Le Juge, tappant du marteau: Mesdames, messieurs, silence s'il-vous plait, la cour n'a pas fini de rendre son verdict. Compte tenu de la notoriété au Japon de l'accusé, et du fait qu'il soit reconnu coupable des crimes pour lesquels il est accusé, l'état Japonais déclare l'accusé, Regulus Mirkaos, coupable de trahison, et le déclare interdit bancaire au Japon pendant 4 ans, et le condamne à une peine d'expatriation de 4 ans également. Ces 2 peines devront être appliquées dans un délai de 4 mois. D'ici là l'accusé est libre de tout mouvement jusqu'à son départ du Japon.

J'ai mis plus de 5 minutes à comprendre la traduction que m'a faite Iwamura, parce que je n'avais rien compris aux paroles du juge. L'audience s'est terminée par un silence. Tout le monde est sorti calmement. Sur les marches du palais de justice j'ai retrouvé tout le monde. Dans l'ensemble nous étions tous contents.

Makoto: Eh Reg, tu fais une drôle de tête! En 4 mois on va faire plein de choses, on a tourné la page maintenant, c'est une victoire!
Reg: Merci Makoto, c'est vrai ce que tu dis.
Makoto: Et puis quand tu seras parti on restera en contact, et ensuite tu reviendras!
Reg: Ca, pour sûr, je reviendrai!
Takeshi: Salut le guerrier...
Reg: Takeshi!
Natsuko: Bonjour Reg-kun.
Reg: Bonjour Natsuko...
Takeshi: Reg, en fait je voulais te dire...
Reg: c'est pas la peine tu sais...
Takeshi: mais si! Je voulais te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi! Tu m'as vraiment fait voir les choses autrement!

*BONG* Quelqu'un vient de me frapper lourdement le crâne. Ca fait mal, mais je ne suis pas assommé.

Yoko: héhéhé!
Reg: Mais t'es malade? Pourquoi tu fais ça?
Yoko: Si j'ai bien suivi l'histoire dans ton procès, personne n'avait jamais réussi à te frapper. Pourtant tu le méritais bien! Que ça te serve de leçon! Il fallait bien que tu passes par là un jour!
Reg: Mais elle est complètement jetée cette fille!
Yoko: Quoi, répète un peu ça pour voir! Je fais ça pour ton bien je te signale! C'est comme ça que tu remercies une amie?
Natsuko: Hahahahaha!
Makoto: Toujours aussi imprévisible, Yoko...
Takeshi: Logique tordue. C'est pour ça que je la veut toujours dans mon groupe!
Reg: Bon, et bien, malgré cette bosse que je vais avoir sur la tête, je suis content d'avoir des amis comme vous...
Natsuko: Pour moi ça a plus d'importance de savoir que tu es quelqu'un de bien, même si je sais que tu as commis des crimes...
Takeshi: Pareil!
Makoto: Je suis d'accord!
Yoko: Acquittééééééééé!

J'évite le nouveau coup de Yoko. Ca me fait bousculer tout le monde. Yoko aussi perd l'équilibre. On se retrouve tous les 5 assis sur les marches à rigoler bêtement. Markos et Ten Long viennent nous rejoindre. On est en décembre, c'est bientôt Noël.


-----------------


Le temps a passé vite. Finalement c'est trop rapide, 3 mois. Mais qu'importe, dorénavant je donnerais toujours le meilleur de moi-même, que ce soit dans mes relations amicales ou sur un champ de bataille. On a fait de nouveaux concerts, on a enregistré quelques nouvelles chansons. La procédure d'expatriation est commencée, je n'ai presque plus droit à aucun bien sur le sol Japonais. Il me reste mon téléphone portable, tous mes vêtements, mon éternel sac, et mon épée. Serais-la fin? Non au contraire, ce n'est que le début. Mais avant ce nouveau départ il me reste une ou 2 choses à régler. L'état d'alerte est donné sur Hokkaido aujourd'hui. En quelques heures, un cyclone d'une puissance record va balayer l'île comme jamais aucun autre typhon ne l'a fait auparavant. Ce phénomène climatique est nouveau au Japon, mais il est prévu de longue date. La population est préparée et a évacué il y a quelques heures. Je me suis fait oublier de l'administration, en faisant croire que j'étais parti. Un papillon est venu se poser sur ma main droite. Lui aussi est parti maintenant. Je suis resté.

Je sens le vent arriver. Je ferme les yeux. Je me concentre à nouveau. Je sens mes cheveux voler. Je commence à voir plus clair en moi. Je la vois, cette partie de moi qui a tué, celle que je déteste. J'aimerais la chasser de mon être à jamais, que le vent l'emporte mais je n'y arrive pas. Mon téléphone sonne, mon numéro a été appelé. Par qui? Natsuko. Désolé, mais cette fois je ne peux pas répondre. Je jette le téléphone, qui se fait emporter par le front du cyclone. Avec un couteau je coupe une partie de mes cheveux. Je plonge.
Il est là. Mon double, mon autre moi, celui qui est aussi fort que les éléments qui se déchaînent contre moi. C'est bien beau d'être acquitté comme ça, mais ça ne me suffit pas. Il faut que je l'affronte. Je dois être le meilleur de nous deux! Je m'envole, je ne fais qu'un avec le cyclone. Je suis l'homme qui se confond avec le vent, je suis l'âme du vent. Je suis calme ou furieux. Je suis agréable ou violent. Je suis chaud ou glacial. Je peux aider les hommes à retrouver de l'énergie, ou je peux les détruire d'un seul coup. Je peux les amener où ils veulent, je peux les faire disparaître pour toujours. Je suis la musique qui souffle à travers les flûtes et les cuivres, je suis le hurlement de ce monde.

Je dois être le meilleur, je dois changer le monde. J'ai cette chance, et je dois en user pour faire entendre ma voix. Mon temps est arrivé. Je dois changer tout ce que je suis, et tout ce que j'étais!
Je n'ai pas réussi à me débarrasser de lui. La bataille ne fait que commencer, la revanche viendra... Je me pose, L'œil du cyclone est arrivé. Je suis fatigué, je m'allonge. Ca ne sera pas long. Je ne dois pas rester ainsi allongé. Je ne dois pas me laisser emporter. De nouvelles difficultés arrivent. Je dois me relever. C’est ma dernière chance! Le vent me balaye une nouvelle fois. Je tire mon épée. Je recommence mon travail de maîtrise, quand j'aperçois le même engin qu'en Chine! Il me suit à la trace, mais ne peut plus fuir. Je m'oppose au vent et je le fends de mon épée. La pointe s'affûte et devient très saillante. En suivant le mouvement du cyclone, j'apprends une nouvelle technique. Je me retrouve derrière l'engin, et je lui enfonce violemment mon épée. J'arrache d'un geste la partie organique, l'envoie le plus loin possible. Je ne maîtrise alors plus rien, et je me fais emporter, en m'accrochant à mon épée et à ce qu'il reste de l'engin que je viens de détruire. Je tombe, mais la machine semble freiner ma chute. Je perds connaissance.

Quand je me réveille, je suis sur un sol boueux, au milieu de nulle part. Il n'y a rien autour de moi. Mon épée est toujours là, l'engin aussi, un peu plus loin. Je ne peux plus bouger, alors je me contente de rire d'être toujours en vie. Un hélicoptère arrive une heure plus tard. Je suis transporté dans un hôpital. Je pense que j'aurais besoin de soins psychiatriques aussi. La première chose que je réponds au type qui me demande "pourquoi êtes-vous resté au milieu du cyclone?" est la phrase suivante, en Japonais: "Watashi wa KazeDamashii" (je suis l'âme du vent). Le lendemain cette phrase est dans tous les journaux.

La partie de l'engin que j'ai conservée est analysée dans un laboratoire d'électronique. Les électroniciens arrivent à extraire des tas de données des espèces de mémoires que contient ce truc. Mais c'est moi qui leur donne la clé pour décrypter. En examinant l'engin, je remarque avec stupeur qu'il porte un signe Karnan. Il est impossible que cet appareil soit elfique, alors il ne peut venir que des ancêtres des elfes, les Karnan. Je leur livre mes connaissances: l'alphabet, puis mot par mot, je construis leur dictionnaire, je leur donne les bases grammaticales. Même si certains mots m'échappent, leur algorithme fonctionne pour donner du sens à ces données. Toute mon histoire depuis mon arrivée à Shanghai y est écrite. Mais le plus inquiétant c'est qu'il y a aussi autre chose: Il y a des données chiffrées sur mes capacités au combat, ainsi que celles de maître Sakhan, et aussi celles de Lloyd. Il y a aussi celles de John Buck, le premier élève de maître Sakhan, et puis celles de son nouvel élève, dont je n'ai jamais entendu parler. Il s'appelle Yann Knuge, quel drôle de nom! Tout cela m'inquiète, et je décide de tirer cela au clair dès que possible.

J'avance donc ma date de départ de quelques jours. A l'aéroport, mon groupe est là. Natsuko m'annonce qu'elle va se marier avec Takeshi. Je pars heureux de les avoir connus, et je donne mon adresse à Tilliec. Je m'appelle Reg Mirkaos, j'ai 20 ans, je suis connu sous les noms de "démon du désert" en Libye, "homme qui se confond avec le vent" du Népal à la Chine, et "KazeDamashii" au Japon. Je ne sais pas de quoi l'avenir sera fait, mais je pense pouvoir me débrouiller. De nouvelles aventures m'attendent!



(*) La place des Aliens à Harajuku est très connue. On y trouve toujours plus ou moins de gens qui pratique le cosplay, se déguisant en personnage de manga ou d'animé, ou adoptant une tenue vestimentaire tout à fait excentrique et tape à l'œil. On les appelle les Aliens. Ils sont jeunes et ne font que s'amuser, ça n'a rien de politique ni de religieux. Souvent, des petits groupes de musique viennent s'installer sur la place. Les concerts donnés dans la rue sont courants au Japon. Il y a même de très bons musiciens amateurs. Certains ont parfois la chance de devenir professionnels, je pense.

*** Rappel: cette histoire est une fiction. Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé n'est qu'un moyen de l'auteur pour s'exprimer, et ne porte pas de jugement de valeurs sur les dites personnes si elles existent, et n'a pas pour but de parler d'eux ni de détourner leur image si elles existent. Cela ne serait que pure coïncidence. ***
_________________
Je suis toujours de passage, qui veut que je reste doit prendre mon coeur...
Revenir en haut
Reg Mirkaos
L'elfe qui se confond avec le vent [Mod]
Inscrit le: 21 Nov 2003
Messages: 268
Localisation: Valbonne, Sophia-Antipolis, Cote d'Azur
Posté le: 20 Oct 2004 15:05    Sujet du message: postface? :P

Maintenant que cette histoire est finie, les commentaires sont les bienvenus. ^_^

Reg, l'elfe qui aime avoir des avis
^_^°
_________________
Je suis toujours de passage, qui veut que je reste doit prendre mon coeur...
Revenir en haut
Elandil Eldaron
L'elfe fripon [Admin]
Inscrit le: 21 Nov 2003
Messages: 335
Localisation: Hyères les Palmiers
Posté le: 20 Oct 2004 16:08    Sujet du message:

Moi j'ai pas tout lu, mais je peux deja dire que j'aime bcp ton récit parce que c'est un mélange des genres et que je retrouve aussi ton humour dedans
Sinon moi je serais assez interessé pour savoir où tu puises ton inspiration ?
_________________
Elandil Eldaron
Elfe fripon et époux de la belle Acuzena
Elandil's figure gallery
Revenir en haut
Reg Mirkaos
L'elfe qui se confond avec le vent [Mod]
Inscrit le: 21 Nov 2003
Messages: 268
Localisation: Valbonne, Sophia-Antipolis, Cote d'Azur
Posté le: 22 Oct 2004 12:35    Sujet du message:

Mon inspiration... Je vais essayer de résumer.
Au départ je ne savais pratiquement rien sur les histoires d'elfes, et l'héroic fantasy était un domaine presque totalement inconnu pour moi. Par contre j'avais lu pas mal de science-fiction (Asimov surtout), mais l'idée de se trouver à la limite entre SF et HF m'a sans doute été inspirée d'un roman de Zelazny, qui s'appelle "Toi, l'Immortel". Sinon il faut aussi aller chercher du coté de mes années de prépa pour trouver dans le programme de Français, certaines œuvres qui m'ont fortement influencées: "La Pensée et le Mouvant" de Henri Bergson, "Les Grands Chemins" de Jean Giono...
Tout ça est plutôt eclectique n'est-ce pas? ^_^
Mais la révélation m'est venue d'un seul coup pour cette histoire en écoutant de la musique en fait. Tout le voyage de Reg est axé sur une chanson de Noir Désir (je te laisse deviner laquelle ^_^). Pour le début et la fin de l'histoire, les évènements ont une inspiration qui dépasse le cadre de l'histoire elle-même. Ils suivent donc une logique de raccordement avec d'autres "pôles d'inspiration" que ceux qui touchent l'histoire elle-même. Ca serait plus long de tous les citer!
Pour le dernier chapitre, les idées sont plus récentes, mais la base date d'il y a plus longtemps. Je voulais faire arriver Reg au Japon, mais je ne savais pas quoi raconter. Il a fallu que j'aille moi-même au Japon pour savoir. L'idée du nouveau départ, et de l'affrontement de la tempête sont assez anciennes, mais elles ont eu un renforcement considérable quand j'ai découvert le nouvel album de Muse, dont une des chansons (là encore, devine laquelle ^_^) correspond parfaitement à la vision de ce que je voulais retranscrire dans l'histoire.

Reg, l'elfe qui s'excuse pour les innombrables fautes d'orthographe qui jalonnent le récit, et qui est prêt à envoyer une version "corrigée" en .doc/rtf à qui veut.
^_^°
_________________
Je suis toujours de passage, qui veut que je reste doit prendre mon coeur...
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
       www.taverneelfe.fr.fm Index du Forum -> Récits et aventures Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  
Vous pouvez poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Powered by phpBB © 2001, 2002 phpBB Group :: Template designed by Haravikk
Traduction par : phpBB-fr.com The Myth series is copyright of Take 2 Interactive